Salaam_photo_2_a6882Salaam Bombay ! est un film indien, britannique et français de Mira Nair, sorti en 1988. Ce film poignant sur les enfants des rues à Bombay est le premier long metrage de Mira Nair, réalisatrice indienne. Tous les enfants qui jouent dans Salaam Bombay sont des enfants des rues. Outre les enfants des rues, ce film aborde les sujets de la drogue, de la prostitution et du proxénétisme, tout en offrant une vision de l'Inde peu connue des Occidentaux/ales mais très réaliste cependant... 80% des scènes ont été tournées dans les rues de Bombay.

Suite au film, la réalisatrice et l'équipe du tournage ont créé la fondation Salaam Baalak qui aide les enfants des rues. Aujourd'hui, une vingtaine de centres Salaam Baalak existent à Bombay et en Inde.

L'histoire et l'errance d'un jeune enfant indien, livré à lui-même et obligé de travailler, dans les rues de Bombay en Inde.

« Salaam Bombay » rend hommage à l’esprit de survie de ces enfants, pleins d’humour, dignes, solides et flamboyants. Il évoque également leur tragique tentative de trouver la stabilité dans un monde volatile. C’est l’histoire d’un monde qui prive ses enfants du droit de jouir de l’enfance, un monde qui n’a plus rien d’innocent. Mira Nair

Synopsis
DVD_Salaam_Bombayphoto_1_3eebfKrishna, jeune garçon âgé de 10 ans, est abandonné par le cirque itinérant pour lequel il travaille et se retrouve à Bombay avec le rêve de gagner 500 roupies qu’il rapportera à sa mère dans son village natal. Parvenu dans la ville, il est immédiatement submergé par la folie et la cacophonie : agents de police, bordels, circulation, fous, intermédiaires, trafic de drogue et traite de femmes, l’univers fantasmagorique du cinéma, et partout des enfants qui comme lui survivent et succombent, dévorés par la ville.

Krishna débute au plus bas de la hiérarchie de la rue et devient Chaipu, ou celui-qui-porte-le-thé-et-le-pain. Au hasard de ses livraisons de thé, il rencontre des personnages qui finiront par changer sa vie : Chillum, impétueux vétéran de la rue, âgé de 25 ans, qui gagne sa vie en vendant la drogue de Baba, caïd lunatique du quartier chaud. Baba vit avec Rekha, au caractère solide et combatif, et leur petite fille de 8 ans, Manju.

Pfilm62661581778567Une jeune népalaise à l’esprit rebelle fait son entrée dans ce monde ; c’est Solasaal, ou Age Tendre, amenée de force à Bombay pour y être vendue comme prostituée vierge. Chaipau devient, sans le savoir lui-même, le catalyseur de leurs vies respectives jusqu’à ce que celles-ci se fondent en un étonnant dénouement.

A l’opposé de la riche production du cinéma indien, ce film, à la fois fiction et documentaire, fait découvrir un monde étrange pour les occidentaux, dur et implacable. Malgré le réalisme, le film ne sombre pas dans le désespoir, mais au contraire électrise le spectateur par la force vitale de ses personnages et leur portée universelle.

Mira Nair, réalisatrice

Mira_NairMira Nair est née en Inde en 1957. Après quelques années à l’université de Delhi à se consacrer à une activité créatrice de théâtre pour une troupe du répertoire, elle quitte l’Inde pour les Etats-Unis en 1976 afin de poursuivre des études à Harvard : c’est là qu’a lieu son premier contact avec la réalisation de films.

Elle réalise quatre documentaires entre 1979 et 1987, diffusés sur plusieurs chaînes de télévision à travers le monde, et projetés dans de nombreux festivals internationaux.

Elle a reçu de nombreux prix pour ces documentaires ainsi que pour l’ensemble de son œuvre.

Salaam Bombay est son premier long-métrage de fiction.

Le tournage

Mira Nair a tourné avec des enfants des rues ce film qui relate leur misérable destin. Elle raconte : « ...avec une amie psychologue, nous avons créé un atelier de théâtre ouvert à tout le monde. Près de cent cinquante gamins sont arrivés. Au final, j’ai conservé les plus expressifs, dix-sept gosses qui sont devenus mes personnages principaux. Pendant plusieurs mois, nous avons préparé le film en faisant de l’improvisation sur le thème de la rue. Bien sûr, les enfants étaient payés. On m’avait dit qu’ils ne seraient jamais à l’heure, qu’ils voleraient, qu’ils ne sauraient jamais leurs textes puisqu’ils sont illettrés... Eh bien aujourd’hui, je peux répondre que sur ce film tout a été difficile... sauf les enfants !
... Au départ, il y avait un scénario, mais chaque scène restait ouverte à une éventuelle improvisation. Par exemple, dans la scène où ils servent à un mariage. Pour beaucoup d’entre eux, c’était une scène vécue : ce sont eux qui m’ont donné les détails sur le costume qu’on leur fait porter ou la façon de tenir les plateaux. Dans la séquence de la prison, c’est un des garçons qui m’a donné le texte de cette prière qu’ils récitent et qui se termine par « vive l’Inde ». Seule, je n’aurai pas osé une telle réplique... Ainsi ont-ils enrichi le film de leur propre vie ! »

Caméra d’or prix du public
Quinzaine des Réalisateurs Festival de Cannes 1988

En savoir plus :
http://www.imdb.com/title/tt0096028/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Salaam_Bombay_!