30 novembre 2007
Devdas de Sanjay Leela Bhansali
Synospis
Devdas, le fils d'un riche propriétaire, et Paro, la fille d'un modeste voisin, s'aiment passionnément. Malheureusement, le père de Devdas n'accepte pas l'entrée de Parvati dans sa famille en raison des différences de classe sociale.
Paro va alors épouser contre son gré un propriétaire plus âgé qu'elle, et Devdas, parti à Calcutta, sombre dans l'alcoolisme.
Ce que j’ai aimé dans ce film :
· Shahrukh khan bien entendu
· Madhuri Dixit vraiment exceptionnelle
· La musique
· Les danses
· Les costumes
· La lumière et les couleurs
· Les décors
Fiche technique
- Titre : Devdas
- Réalisation : Sanjay Leela Bhansali
- Scénario : Prakash Ranjit Kapadia et Sanjay Leela Bhansali
- Musique : Ismail Darbar
- Date de sortie : 2002
- Film indien
- Format : 2.35:1 (couleurs)
- Genre : comédie dramatique
- Durée : 2h 58mn
- Tous publics
Distribution
- Shahrukh Khan : Devdas Mukherjee
- Aishwarya Rai : Paro (Parvati) Chakrabôrty
- Madhuri Dixit : Chandramukhi
- Jackie Shroff : Chunnilal
- Kiron Kher : Sumitra Chakrabôrty
- Smita Jaykar : Kaushalya
- Tiku Talsania : Dharamdas
- Vijayendra Ghatge : Bhuban Chowdhury
- Milind Gunaji : Kalibabu
- Ananya Khare : Kumud
- Manoj Joshi : Dwijdas
- Dina Pathak : Mère de Bhuban
- Vijay Crishna : Narayan Mukherjee
- Sunil Rege : Neelkant
- Jaya Bhattacharya : Manorama
- Apara Mehta : Badi Aapa
- Radhika Singh : Yashomati
- Kapil Soni : Mohendra
- Muni Jha : Kaka
- Amardeep Jha : Mère de Kalibabu
- Jha Bansaree : Paro enfant
- Madhani Mohit : Devdas enfant
- Aksha : Kalika
Analyse par Thomas Podvin
Il est difficile de parler de Devdas sans recourir aux superlatifs, tant ce film représente un véritable culte du beau. Il y a toujours un plus dans tout ce qui est mis en scène et cadré. Les actrices ont les mains maquillées et ornées de bijoux, elles portent des costumes chamarrés et évoluent dans des décors grandioses sublimés par un éclairage très travaillé. Mais Devdas n'est pas un exercice de style friqué et vain. Les magnifiques décors raffinés, presque baroques, le maquillage, les costumes et accessoires, et la photographie ainsi que certaines idées de mise en scène subliment les personnages et leur histoire. Tous ces éléments participent au spectacle et sont adroitement utilisés pour exprimer des sentiments et des émotions ineffables. Le talent du réalisateur, et de son équipe, est d'avoir mis une débauche de beauté et de splendeur au service de son propos et du parcours des personnages.
L'un des grands atouts du film est ainsi d'échapper aux travers typiques de ce genre de produit. Le réalisateur évite soigneusement de longs tunnels dialogués pour expliquer une histoire ou des sentiments. Il choisit plutôt de les montrer et de les dévoiler en recourrant à tous les éléments visuels (photographie, montage, décors, accessoires…) et sonores propres au médium. Toutes les ressources cinématographiques disponibles sont donc employées au maximum. La photographie est évidemment l'outil à l'efficacité la plus visible. Dans la scène au clair de lune où Devdas découvre le visage de Paro, les deux amoureux sont enrobés par une réflexion mouvante des vitraux colorés sous les rayons lunaires. Celle-ci accentue la révélation magnifique et souligne la comparaison entre la beauté des traits de Paro et de la lune. Le montage à également son importance. La séparation des deux amants est montée en cross cuting ou montage alterné, entre ici un flash back et une scène actuelle. Ce procédé permet de mettre en parallèle les tragédies du passé et du présent et donc démultiplie leur intensité dramatique. Enfin, l'ambiance sonore appuie les effets. Le bruit du tonnerre ou d'un claquement de fouet vient appuyer un moment tragique ou une terrible révélation.
Le fond et la forme vont ainsi se compléter, s'harmoniser et sublimer l'histoire des personnages. Le film prend des allures de conte de fée après le premier tiers. Tout converge alors vers un spectacle d'une intensité et d'une beauté extrême. Lors de la scène à la source entre Devdas et Paro, la lumière de la lune les illumine d'une clarté quasi féerique. Le film entre alors dans une phase plus onirique, en dehors des réalités d'une simple histoire d'amour, et évidemment loin du quotidien indien (lieu et époque demeurent assez flous). Devdas est devenu gentleman tandis que Paro possède tous les atours d'une princesse de contes. Le premier ne peut se soustraire à son déclin malgré toutes ses vertus. Paro, elle, change de statut et évolue dans un environnement qui correspond à ses métamorphoses. D'abord jeune fille qui attend Devdas dans sa chambre, elle prend ensuite des allures de belle au bois dormant orientale au clair de lune. Puis elle acquiert une situation stable d'épouse d'aristocrate et de mère au sein d'un palais grandiose où un plan majestueux lui donne les apparences d'un personnage de peinture assujettie à son environnement et au décorum. Par la suite, sa grandeur, son charisme, le luxe des ses vêtements et bijoux révèlent l'importance de sa situation de maîtresse de maison.
En utilisant tous les moyens mise à disposition, le réalisateur Sanjay Leela Bhansali réussi avec rigueur et sans digression inutile à imprimer sur pellicule le pathos de ses personnages et à redonner ses lettres de noblesse au genre de la comédie mélodramatique indienne. L'histoire d'amour de trois heures ne s'essouffle pas car de nouveaux éléments viennent s'ajouter au récit et maintiennent l'intérêt du spectateur tout en faisant progresser l'intrigue. Ce qui ne veut pas dire que Sanjay Leela Bhansali ne prenne pas son temps pour ménager de purs moments de poésie (avec danses et chants par exemple) ou des instants lyriques (dialogues imagés, poétiques et / ou à plusieurs niveaux de lectures) qui confirme la filiation du film à la littérature. Pour mémoire, le scénario est basé sur un roman classique indien déjà maintes fois porté à l'écran. Devdas est un film populaire, mais qui offre une plus-value indéniable par rapport aux autres films commerciaux Bollywood du genre. Il ne sombre pas dans les écueils faciles du mélo. Le film n'est ni kitch, ni ennuyeux et tout en impliquant le public au divertissement, il évite de prendre le spectateur en otage d'une déferlante de bons sentiments et de débordements lacrymaux (comme le laissait faussement présager le premier quart d'heure). Bref, il titille autant l'affect que l'intellect, il contente autant le goût du beau que le pathos. Ce qui mérite tout de même la plus grande attention.
Secrets de tournage
Devdas, a bénéficié d’un des plus gros budgets jamais alloués pour un film indien, plus de 13 millions de dollars. En regardant le film on comprend vite pourquoi : tout est sublime et extravagant que ce soit dans les costumes, les décors, les lumières, …
Chansons et danses
Pour son Devdas, le réalisateur Sanjay Leela Bhansali a choisi d'inclure de nombreux numéros musicaux, chantés ou dansés. Pas moins de deux ans et demi ont ainsi été nécessaires à la composition de tous les morceaux, chaque chanson prenant par ailleurs dix jours à être enregistrée.
La production de Devdas a souffert des conditions climatiques particulières à l'Inde. Ainsi le lac autour duquel une large partie des décors ont été construit s'est-il asséché au fur et à mesure du tournage, posant de nombreux problèmes de raccord. Quant à la pluie, elle a considérablement gêné la construction du palais de Paro, même si celle-ci avait été planifiée de novembre à juin, les mois sans mousson. Les chutes d'eau incessantes ont obligé les équipes techniques à repeindre le décor à plusieurs reprises.
Dans la grande tradition des films indiens, Devdas montre d'impressionnants costumes, confectionnés pour la plupart à partir de pièces trouvées à Calcutta. Ainsi les sarees (habits féminins traditionnels) portés par Paro tout au long du film ont été fabriqués à partir de 600 saree achetés.
Présenté à Cannes
Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2002, Devdas a été sélectionné pour représenter l'Inde à la cérémonie des Oscars 2003, même si le film n'a finalement pas été retenu dans les nominations. Devdas a également été nommé aux BAFTAS (British Academy Film Awards), dans la catégorie Meilleur film en langue non anglaise
Le roman
Devdas est un roman Bengalî publié en 1917, écrit par Sarat Chandra Chatterjee (1876-1938, de son nom bengali de naissance "Chattopadhyay")
C'est l'histoire d'un amour passionné et contrarié entre Devdas, fils d'un riche "zamindar" ( propriétaire de plusieurs villages ), et de sa voisine Paro ou Parou (diminutif de Parvati ou Parvoti), fille de voisins d'une condition sociale plus modeste. La famille de Devdas s'opposant à leur union, Devdas va sombrer dans la déchéance et l'alcool, tandis que Paro va se résigner à épouser un riche veuf.
Dans une traduction d'Amarnath Dutta, le narrateur conclut cette histoire par ces mots émouvants : "Je n'ai aucune idée de ce que Parvoti est devenue maintenant à la suite de tant d'années. Je ne cherche pas à le savoir non plus. Mais c'est pour Devdas que j'éprouve un profond chagrin. Après avoir lu l'histoire tragique de sa vie, vous éprouverez sans doute le même sentiment que moi. Néammoins, si jamais vous rencontez un malheureux, un débauché et un pécheur comme Devdas, alors priez pour son âme. Priez pour que, quoi qu'il advienne, personne ne meure de la même façon pitoyable que Devdas. La mort n'épargne personne. Mais qu'à cette dernière heure, le front du mort reçoive le toucher de doigts affectueux, que la flamme de la vie s'éteigne sous le regard d'un visage empli d'affection et de compassion, qu'il voie au moins une larme dans les yeux d'un être humain. Ce serait pour lui un bonheur suffisant au moment de son départ pour l'autre monde."
Souvent comparé à un Roméo et Juliette indien, le roman connut un immense succès et fit l'objet de plusieurs traductions et de nombreuses adaptations cinématographiques en Inde, une des plus fameuses est celle de Bimal Roy, la plus récente étant celle de Sanjay Leela Bhansali.
Extraits vidéos
29 novembre 2007
Dracula de Francis Ford Coppola
Synopsis
En 1462, le prince Vlad Dracul, revenant de combattre les armées turques, trouve sa fiancée suicidée. Fou de douleur, il défie Dieu, et devient le comte Dracula, vampire de son état. Quatre cents ans plus tard, désireux de quitter la Transylvanie pour s'établir en Angleterre, il fait appel à Jonathan Harker, clerc de notaire et fiancé de la jolie Mina Murray. Arrivé en Transylvanie sur l'invitation du Comte Dracula qui souhaite acquérir une propriété à Londres, Jonathan Harker tombe sous l'emprise du comte et de ses maîtresses. Pendant ce temps Dracula se rend à Londres où il entreprend de séduire la fiancée de Harker, portrait vivant de sa femme bien aimée, Elisabeta, morte au XVIème siècle
Ce que j'aime dans ce film :
- l'histoire d'amour passionnée entre wilhemina murray et le comte Dracula
- la photographie
- la musique de Wojciech Kilar sublime
- les acteurs en particulier Winona Ryder et Gary Oldman
- les costumes dont certains inspirés d'oeuvre d'art comme la robe dorée de Dracula inspirée par les tableaux de Klimt
- les vampires femmes dont notamment Monica Belluci
Fiche technique
- Titre : Dracula
- Titre original : Bram Stoker's Dracula
- Réalisation : Francis Ford Coppola
- Scénario : James V. Hart et John Veitch (d'après le roman de Bram Stoker)
- Production : Francis Ford Coppola, Fred Fuchs et Charles Mulvehill
- Musique : Wojciech Kilar
- Photographie : Michael Ballhaus
- Montage : Anne Goursaud
- Décors : Thomas E. Sanders
Distribution
- Gary Oldman : Dracula
- Keanu Reeves : Jonathan Harker
- Winona Ryder : Mina Murray / Elisabeta
- Anthony Hopkins : Abraham Van Helsing
- Richard E. Grant : docteur Jack Seward
- Sadie Frost : Lucy Westenra
Cary Elwes : Lord Arthur Holmwood
- Billy Campbell : Quincey P. Morris
- Monica Bellucci : une des concubines de Dracula
- Tom Waits : R.M. Renfield
Extraits vidéos
Analyse
LES PREMIÈRES bandes-annonces de "Bram Stoker's Dracula", en inscrivant en lettres de sang identiques leurs noms respectifs, semblaient suggérer que l'essentiel du film résiderait dans la confrontation entre un cinéaste et son sujet à savoir un choc entre deux figures légendaires : DRACULA et COPPOLA.
Francis Ford Coppola, c'est le dernier nabab, le démiurge taciturne, le seigneur retranché dans ses studios, celui qui après le triomphe des deux premiers "Godfather" ("Le Parrain I" et "II") et leur pluie d'oscars, après les consécrations cannoises de "The Conversation" ("Conversation secrète") et d'"Apocalypse Now", enchaîna faillite sur faillite, échec public et indifférence critique (ou vice versa) sans cesser de bénéficier d'une aura impressionnante et persistante d'artiste de premier plan.
Dracula, c'est le vampire le plus célèbre, la créature des ténèbres à la sinistre réputation qui - du roman original de Bram Stoker à ses innombrables avatars cinématographiques, télévisuels, théâtraux, picturaux etc. - est devenu un mythe incontournable de l'imaginaire collectif contemporain (sans oublier que cette "légende" puise son origine dans une réalité historique). Il est assez rare qu'un film occasionne une rencontre pareille. C'est la première fois en tout cas que Coppola s'attaque à un mythe aussi universel, aussi étroitement "codé" dans l'esprit du public, avec tout ce que cela comporte de risqué et d'intimidant. Le roman de Mario Puzo dont Coppola tira sa trilogie du "Parrain" était déjà un best-seller. Mais c'est sa version filmée qui a permis à ses personnages - via l'interprétation de Marlon Brando, d'Al Pacino, de DeNiro et des autres - d'accéder à un statut quasiment légendaire. Coppola est donc non seulement un cinéaste "mythique" mais c'est également un créateur, voire un re-créateur de mythes. Or avec "Bram Stoker's Dracula", le "faiseur de mythes" s'est attaqué à un mythe déjà "fait", pré-constitué, aux caractéristiques littéralement archétypiques. Il s'agit donc pour le cinéaste de procéder à une re-constitution de son sujet, soutenue par le scénario de Jim Hart (dont je vais reparler). Mais jusqu'à quel point peut-on revisiter Dracula et son univers dont les règles et les codes sont si strictement définis (non seulement par rapport au roman d'origine mais aussi dans ce qui le rattache au genre fantastique tout entier) sans s'échouer sur les écueils du fourre-tout baroque ou du post-modernisme stérile ?
Adaptation(s)
Le nom de Bram Stoker figure dans le titre même du film tel qu'il est sorti aux USA. Ainsi Coppola annonce clairement la couleur : c'est le "Dracula de Bram Stoker" que nous allons voir. Louable initiative que de proclamer d'emblée la fidélité d'une adaptation à son modèle. Encore convient-il de nuancer cette revendication d'authenticité et savoir surtout à qui l'on s'adresse. Le grand public se moque éperdument de savoir si le livre sera respecté (et nous parlons des gens qui savent que ce Dracula était d'abord un roman, autant dire une proportion de spectateurs relativement faible...) : il attend le grand frisson, il veut claquer des dents et sursauter, comme il l'a certainement déjà fait devant les précédentes adaptations du roman en ignorant très souvent jusqu'à l'existence même de ce dernier. C'est le nom de Dracula qui frappe l'esprit du spectateur ordinaire et non celui de Bram Stoker (le titre français ne s'y trompe pas qui élimine purement et simplement ce dernier). Quand aux puristes, ou du moins ceux qui connaissent le roman original, ils sont en droit d'attendre une retranscription à la fidélité irréprochable, dans la lettre et dans l'esprit. Une fidélité qui fut le leit-motiv - pas vraiment à juste titre d'ailleurs,nous le verrons - des diverses interviews de promotion du film, des acteurs au scénariste, en passant par le réalisateur lui-même.
Avouons-le d'emblée, tous seront, à divers degrés, surpris ou déçus. Mais je m'empresse d'ajouter que le "Dracula" de Coppola est effectivement sur le plan du récit pur, la version la plus fidèle à ce jour du livre de Stoker : le script de Jim Hart (auteur du sinistrissime "Hook" de Spielberg) respecte tous les grands chapitres de l'histoire, restitue des épisodes négligés autrefois, n'oublie aucune scène "à faire" (en rajoute même un peu si besoin est) et réintroduit chaque personnage créé par Stoker, alors que, pour des raisons sans doute légitimes de concision et d'efficacité, les versions de Murnau ("Nosferatu", 1922), Browning ("Dracula", 1931), Fisher ("Dracula", 1958) Badham ("Dracula", 1979) et Herzog ("Nosferatu", 1979) pour citer les plus connues, supprimaient certains protagonistes, certaines séquences ou les modifiaient, lorsqu'elles ne les faisaient pas tout bonnement fusionner.
Mais qui trop embrasse mal étreint, et à vouloir conserver la quasi-totalité de l'imposant matériau d'origine, on court le risque d'un déséquilibre narratif en privilégiant des épisodes qui ne le méritent pas, au détriment d'autres moins spectaculaires mais plus "signifiants", ou, et c'est le cas ici, d'une erreur inverse : "noyer" l'ensemble du récit dans une ligne continue trop "régulière", où les séquences s'enchaînent à toute vitesse sans jamais vraiment capter toute l'attention du spectateur.
On peut à ce titre se demander si le script de Hart peut suffire à captiver un public qui n'aurait jamais lu le roman de Stoker et qui possède (ou non) une vague connaissance de ses péripéties principales . Le récit lui-même possède t-il de quoi "captiver" le spectateur ? Les personnages sont-ils capables de susciter ce bon vieux sentiment d'identification, condition imparable au succès d'un film "populaire" ? On peut en douter...
La figure cyclique du mal était déjà au coeur de la problématique exposée dans la trilogie "Godfather". Les parrains s'y succédaient les uns aux autres, sans que cela puisse du moins en apparence s'arrêter un jour, au rythme lancinant de la Godfather Waltz de Nino Rota (la valse étant une danse à motif "circulaire"). Avec une terrible lucidité, Kay (Diane Keaton), la femme de Michael Corleone (Al Pacino) se rendait compte du caractère inéluctable de cet "éternel retour", de ce cycle infini de violence et de mort. C'est ce qui la conduisait, en subissant un avortement, à tenter de mettre un terme à cette funeste descendance. Van Helsing (Anthony Hopkins) et les tueurs de vampires poursuivent le même but : il s'agit d'empêcher que le mal, ce fléau, cette épidémie, ne se répande et se perpétue au delà des siècles. C'est peut-être aussi une des nombreuses raisons qui poussent le Capitaine Willard à supprimer le Colonel Kurtz dans "Apocalypse Now". C'est aussi tuer l'Autre pour ne pas devenir son semblable, voire pour ne pas ressentir l'envie de le devenir... C'est échapper au pouvoir du vampire, comme Dixie (Richard Gere) qui tente d'arracher Vera (Diane Lane) des "griffes", de l'influence maléfique du gangster Dutch Schultz dans "Cotton Club" (les truands des films de Coppola ont, j'y reviendrai, plus d'une caractéristique démoniaque ou vampirique, le goût du sang n'en est pas la moindre.).
Sur un plan plus "spatial", plus "social", "Bram Stoker's Dracula" ne fait que poursuivre une autre problématique développée dans la plupart des autres films de Coppola. Le cercle représente la figure fondamentale de l'organisation communautaire : une famille est un premier cercle qui s'inscrit dans un un deuxième cercle plus vaste : la mafia ("The Godfather", "Cotton Club"), l'armée ("Gardens of stone") etc. de manière concentrique. Tout le cinéma de Coppola s'articule autour du cercle communautaire, des problèmes rencontrés par ceux qui veulent y entrer ou en sortir (et s'il suffit d'un sourire et d'une accolade pour être admis dans la firme "Tucker", combien d'épreuves plus violentes faut-il subir pour faire partie de la mafia, d'un gang de jeunes - "Outsiders", "Rumble Fish" - ou ici de la terrifiante "famille" des sombres créatures de la nuit !) et des conflits qui vont opposer ces groupements humains (ou non-humains !) les uns aux autres. Car comme dans les épopées guerrières d'Eisenstein, Welles ou Kurosawa (en passant par l'influence incontournable : Shakespeare !), nous sommes ici au coeur d'un cinéma de guerre des clans, d'affrontement entre communautés : qu'il s'agisse de peuples ou de nations toutes entières (la guerre du Vietnam dans "Apocalypse Now" et "Gardens of stone", le prologue - fabuleux - de "Bram Stoker's Dracula" et ses batailles entre Turcs et Roumains), de gangs, de bandes de jeunes et, dans le film qui nous intéresse, de vivants et de morts-vivants.
Être admis dans le cercle. En être exclu. Y être accepté à nouveau puis encore rejeté et ainsi de suite. C'était un des thèmes de "The Godfather", c'est encore un des thèmes de "Dracula". A cet égard, la scène où Van Helsing trace un cercle de feu autour de Mina et lui pour échapper aux démoniaques égéries du Comte est fortement signifiante. Le chasseur de vampires tente de se protéger, de sauver Mina par la même occasion. Tout comme Kay Corleone essaie de préserver ses enfants de l'influence maléfique de leur père en les éloignant de la "famille".
Mais chassez le (sur)naturel et il revient au galop ! Car, si l'on parle de "cycle", il faut se préparer un jour ou l'autre à un retour en force de ce que l'on croyait avoir fait disparaître. Le vampire étant par définition un "revenant", ce retour du "refoulé" est également et logiquement au coeur du cinéma coppolien.
Retours
Un jour ou l'autre, le cercle se referme sur lui-même. Les rapports entre la Transylvanie et l'Angleterre dans "BSD" rappellent ceux qui unissaient la Sicile et les USA dans "The Godfather". Le cinéaste insiste sur l'origine du mal, sur le berceau ancestral de la peste, de l'épidémie (gangstérisme ou vampirisme) qui va contaminer d'autres terres... À ce titre, le superbe prologue de "BSD" - de loin le meilleur ajout de Coppola et Jim Hart au matériau original - et toute la dernière partie du film qui sont étroitement liés et "encerclent" le corps central du récit, constituent ce que Thierry Jousse (Les cahiers du cinéma) appellait pour parler des séquences en Sicile de la saga du "Parrain" un terrifiant "retour sur les lieux du crime", motivé par une quête obsessionnelle de la "scène primitive" à l'origine du fléau.
La notion d'inéluctable, ce fatalisme de l'éternel retour dominent également l'évolution des personnages et leurs actes. Michael Corleone ne peut s'empêcher de donner la mort : lorsque l'on a l'impression qu'il va fléchir, sa décision n'est que différée (la mort de Carlo, celle de Fredo). Le Colonel Kurtz, comme le Minotaure de la nouvelle de Borges, accepte son sort d'animal "sacrifié" et meurt sous les coups de Willard sans vraiment se défendre. On ne peut échapper à sa condition de tueur que dans la mort, comme le vampire ne redevient humain qu'après avoir été - définitivment - tué. Le personnage coppolien tente tout de même de se dresser contre la fatalité avec obstination (Harry Caul veut empêcher un meurtre qui lui semble inévitable dans "The Conversation", Preston Tucker veut prouver, contre vents et marées que son projet de "voiture de demain" doit devenir une réalité, Michael Corleone cherchera à dégager sa famille des affaires criminelles etc.) Mais ces tentatives se soldent souvent par un échec ; tout comme Peggy Sue, qui n'est pas parvenue à modifier sa destinée, les "amants" de "BSD" ne réussissent pas à braver la course du temps et comme dans "One from the Heart, le rêve impossible s'achève avec le lever du jour et le retour à l'ordre naturel de la réalité s'impose à nouveau.
Dracula, le "revenant" est bien sûr placé sous le signe du "retour" : tant qu'il n'est pas définitivement éliminé, il "revient" sous diverses apparences, toujours plus féroce. Impossible de ne pas penser à cette scène de "The Godfather Part II" où Michael, comme surgi des ténèbres demande à Kay de lui laisser voir ses enfants. Vêtu de sombre, le teint blafard, les cheveux noirs plaqués vers l'arrière, il a tout du mort-vivant. Toute la dernière partie du film accentue l'aspect macabre de sa silhouette. Il n'est pas moins terrifiant que le Comte Dracula, surgissant à la fenêtre de la chambre de ses victimes.
Pouvoirs
Comme pour respecter les règles de la tragédie classique, les personnages coppoliens sont souvent des individus puissants, bardés de responsabilités, des chefs situés au sommet d'un empire, d'une grande famille, d'un peuple, d'un gang, d'une entreprise etc. Chacun à leur manière, Vito et Michael Corleone, le colonel Kurtz, Rusty James, le Sergent Hazard (James Caan dans "Gardens of Stone"), Preston Tucker, Dracula commandent à un groupe, à une communauté. Mais le pouvoir doit se transmettre. Et de façon plus ou moins concrète, selon les cas... Toute la trilogie de "The Godfather" s'articule autour de ces cérémonies de passation de pouvoir entre parrains, de ces responsabilités que l'on confie à tel ou tel membre de la "famille". Mais au delà du protocole et des hommages rendus, c'est avant tout le sang (sicilien dans "The Godfather") qui dans la plupart des cas donne droit au pouvoir. Et c'est dans le sang (élimination d'un rival, règlement de compte) et/ou la mort (à la manière des rois qui se succèdent) que l'on accède au sommet. Le "Motorcycle Boy" meurt et Rusty James prend sa place, illustrant au passage la thématique coppolienne de l'éternel retour. Lorsque Willard élimine Kurtz, il est plus que probable qu'il ressente la tentation de se substituer à lui, une fois sa "mission" accomplie (ce qui arrivait effectivement dans une des fins "alternatives" du film...).
La solitude que connaît celui qui exerce le pouvoir est une solitude nocturne, obscure. Michael Corleone, Kurtz, Howard Hughes dans "Tucker" préfigurent le Comte Dracula retranché dans son impressionnant château transylvanien. Les "plombiers" de "The Conversation", les gangsters de "Cotton Club" se réunissent et "travaillent" dans l'ombre. Comme je l'avais déjà fait remarquer par ailleurs, les acteurs James Remar ou Joe Dallessandro, accentuent par certains aspects (vétements, maquillage, coiffure) le côté démoniaque de Dutch Schulz et Lucky Luciano. Pour des gangsters, ils rappellent étrangement Bela Lugosi dans le "Dracula" de Browning ou Udo Kier dans le "Blood for Dracula" de Paul Morrissey et Andy Warhol... Il n'y a rien d'étonnant à ce que les films de gangsters et de vampires, surtout chez un même auteur, fasciné par ces figures de "donneurs de mort" aient des points communs. Toute la deuxième partie du "Scarface" de DePalma et à un degré moindre certains passages du "Casino" de Scorsese sont riches de résonances macabres, mortifères et quasi-vampiriques. Rien de surprenant disais-je, lorsque l'on sait que les cinéastes de cette génération, quand ils n'ont pas carrément fait leurs premières armes dans le genre (Coppola avec "Dementia 13" pour Corman) ou "percé" grâce à lui (DePalma), ont, comme Scorsese, à travers la vision répétée des classiques de Fisher et Corman assimilé et intégré à leur style, certaines "ficelles" du cinéma d'épouvante. Chez ces réalisateurs, amoureux de la série B et du film de genre, le fantastique, quoiqu'il arrive, n'est jamais très loin...).
Mais la solitude et le confinement "imposés" par le pouvoir restent associés à la notion d'exil, très importante chez Coppola, dans la mesure où le seul moyen qui s'offre à un Sicilien en Amérique, à un Roumain en Angleterre, à un mort chez les vivants, pour compenser et surmonter sa non-intégration est de fonder sa propre communauté, sa propre famille au risque de se retrouver, au terme d'une ascension sanglante, tout seul au sommet.
Femmes
Mais plus que tout cela, et malgré toutes les réserves que l'on pourrait avancer à la vision de ce grand spectacle baroque, par moments assez maladroit mais aussi souvent réellement foisonnant, impressionnant de beauté et de richesse esthétique (quelle somptueuse photo, digne d'un Technicolor de l'âge d'or hollywoodien ! Sirk et Minelli une fois de plus chez Coppola ne sont pas loins. Le fourmillement de détails visuels, le faste des couleurs nous rappellent également que Coppola admire le "Lola Montes" d'Ophüls et n'oublions pas un prologue eiseinsteino-shakespearien barbare et tragique qui constitue une des plus belles choses que le cinéma américain nous ait donné ces dix dernières années), ce qui fait que ce "Bram Stoker's Dracula" est bel et bien "un film de Coppola" (mais comment pourrait-il en être autrement ?).
Ne nous leurrons pas : on ne peut pas, sauf en faisant preuve d'une outrancière mauvaise foi, prétendre que l'auteur de la trilogie du "Parrain", d'"Apocalypse Now", de "The conversation", de "Rumble fish" pourrait se contenter de livrer clé en main au public un blockbuster impersonnel et sans âme ! C'est le sentiment, d'abord diffus, puis de plus en précis au cours du film que son personnage central est moins le seigneur des vampires que l'objet de sa quête désespérée, cette femme : Mina (reflet intemporel de la bien-aimée morte prématurément pour une romance aux résonances nécrophiles - "Vertigo", "Obsession", "Body Double" - qui confirme sa prégnance dans l'imaginaire des cinéastes de cette génération) qui atteint au fil du scénario un objectif de libération, d'émancipation de plus en plus net, qui tente de se libérer d'un carcan social et culturel trop étroit, de sa condition de jeune fiancée idéale promise à un avenir tracé de A à Z par sa communauté (un schéma classique repris avec succès, c'est le moins qu'on puisse dire, par Cameron dans "Titanic").
C'est également à travers cet aspect de conflit entre être social et être physique que Coppola peut se targuer de rester fidèle aux intentions initiales de Bram Stoker. Son roman peut être perçu aujourd'hui comme une oeuvre quasi-subversive. Tenant tête aux loups, qu'ils soient animaux, humains ou "entre les deux", réels ou fantasmés, Mina Harker rejoint dans l'oeuvre de Coppola ces beaux portraits de femmes que sont la Natalie de "The rain People", Kay Corleone, Peggy Sue et bien sûr Frannie dans "One from the Heart", qui en tentant elle aussi de revendiquer une féminité charnelle et conquérante n'aura peut-être conquis que le songe (ou le souvenir ?) d'une vie meilleure, mais aura sans doute eu lors de moments aussi fugitifs que fulgurants la révélation d'une autre vision de soi et du monde.
28 novembre 2007
La lutte indienne
J'ai découvert le Kushti en regardant le documentaire sur Arte. c'est imprésionnant en plus les hommes font voeu de chasteté. vous trouverez ci-dessous quelques photos ainsi que 2 vidéos pour que vous voyiez à quoi ça correspond et enfin 2 liens pour en savoir plus.
Quelques photos de Jean-marie Jolidon
http://www.lpp.ch/yadaws/flash/index.html
http://www.elishams.org/Kushti-la-lutte-indienne.html
27 novembre 2007
Dil se "de tout coeur" de Mani Ratnam
Dil Se est un film de Bollywood réalisé par Mani Ratnam. Le titre du film peut se traduire par De tout cœur.
Synopsis
A l'occasion du 50ème anniversaire de l'Inde, Amar (Shahrukh Khan), un des meilleurs journalistes de la radio "All India Radio", fait la connaissance d’une femme mystérieuse qui dit s'appeler Meghna (Manisha Koirala). Mais est-ce son vrai nom ? Le temps d'un voyage dans le désert, en compagnie d'exilés, ils se perdent de vue. Amar décide de rentrer à New-Delhi ou il s'apprête à épouser Zenta. Quand soudain Meghna resurgit. Amar sent que Meghna porte un lourd secret qui l'empêche de l'aimer comme il l'aime. En effet, Meghna a une mission à accomplir. Elle fait partie d’un groupe de terroristes et prépare un attentat à Delhi. On la découvre habitée par sa mission, peut-être attirée par une autre vie, par l'envie d'être une jeune femme amoureuse, mais a-t-elle le choix...Amar découvre enfin le secret et cherche à empêcher le pire. La course contre la montre commence !
Fiche technique - Titre original : Dil Se
- Titre Tamoul : Uyire
- Langue originale : Hindi
- Réalisation : Mani Ratnam
- Pays :
Inde
- Sortie le : 21 août 1998
- Direction artistique : Samir Chanda
- Musique : A.R. Rahman
- Action : Allan Amin
- Dialogue : Tigmanshu Dhulia
- Chorégraphie : Farah Khan, Pappu Khanna
- Producteur : Mani Ratnam, Ram Gopal Varma
- Photographie : Santosh Sivan
- Durée : 163 min
Distribution
- Shah Rukh Khan : Amarkanth Varma
- Manisha Koirala : Meghna
- Preity Zinta : Preeti Nair
- Raghuvir Yadav : Shukla
- Zohra Sehgal : grand-mère d'Amarkanth
Musique
Le film comporte 4 chansons originales chorégraphiées :
- Chaiya Chaiya - Sukhvinder Singh, Sapna Awasthi
- Jiya Jale - Lata Mangeshkar, M.G. Sreekumar
- Dil Se - AR Rahman
- E Ajnabi - Udit Narayan, Mahalaxmi Iyer
Récompenses
Dil Se fut primé 6 fois lors des Filmfare Awards de l'année 1999 :
- Meilleur espoir féminin attribué à Preity Zinta
- Meilleur photographie attribué à Santosh Sivan
- Meilleure chorégraphie attribué à Farah Khan pour la scène Chhaiyaa Chhaiyaa
- Meilleur direction musicale attribué à A.R. Rahman
- Meilleures paroles de chansons attribué à Sampooran Singh Gulzar pour la chanson Chhaiyaa Chhaiyaa
- Meilleur chanteur de playback attribué à Sukhwinder Singh pour la chanson Chhaiyaa Chhaiyaa
Autour du film
- Dil Se a été tourné dans la région du Kashmir en 55 jours. Le film est réputé pour la beauté visuelle de ses scènes tournées dans les décors naturels de montagnes du Kashmir.
- Dil Se n'a pas été un grand succès commercial en Inde. Il est davantage connu par la musique novatrice du film ou A.R. Rahman introduit pour la première fois des sons électroniques dans sa musique.
Sur la scène chorégraphiée Chhaiyaa Chhaiyaa, Shahrukh Khan et la troupe de danseurs ne portaient pas de harnais de sécurité alors qu'ils dansent sur le toit d'un train en mouvement.
- C'est après avoir vu Dil Se que Baz Luhrmann décida de tourner sa comédie musicale Moulin Rouge!.
- C'est également après avoir vu Dil Se qu'Andrew Lloyd Webber se décida à monter la comédie musicale Bombay Dreams. Il fit d'ailleurs appel à A.R. Rahman pour écrire la partition musicale. On retrouve ainsi la chanson Chhaiyaa Chhaiyaa à l'ouverture du second acte de Bombay Dreams.
Extraits vidéos
la musique du film
Dil se
Lien vers article sur la chanson phare du film
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=373933&pid=6790478
26 novembre 2007
Om shanti Om c'est comment alors ?
Ce week end, comme je devais aller dans le quartier de la Gare du Nord avec une amie, j'en ai profité pour faire le plein de films bollywood en bonne accro qui se respecte. :)
j'ai donc acheté "om shanti om" que j'ai regardé un peu plus tard dans la soirée. que dire ? et bien j'ai bien ri devant certaines scènes jouées par Shahrukh Khan dans la période années 70 ; les costumes, les paroles et les personnages sont plein d'humour et de référence au cinéma indien. sympa donc !
la photographie est pleine de peps mais pas aussi bien que celle de "sawaariya" mais bon c'était pas trop le but. je trouve que Deepika Padukone s'en sort très bien .. même si son rôle est assez disons court à côté de celui de SRK. disons qu'elle fait un peu trop barbie girl .. un peu trop mince à mon goût aussi.
c'est fou de voir que même les actrices indiennes sont maintenant gagnées par cette dictature de la minceur. bon je dis peut être ça car de mon côté je ne suis pas taille mannequin mais je sais pas ...
je préfère par exemple une kajol des débuts ou une madhuri dixit dans "dil to paga hai" mais bon ! tout change ... même SRK lui même a beaucoup maigri et je ne suis pas particulièrement fan de son nouveau look. moi les muscles super dessinés je n'ai jamais été super fans disons que dans le film c'est super sexy mais pas aussi sensuel que dans d'autres films comme "dil se" ou "dil to paga hai" où SRK avait déjà des scènes où il est tout "mouillé".
ça m'a parfois fait penser à une mauvaise publicité ou un clip où le chanteur doit montrer ses tablettes de chocolat. ça participe de ce grand mouvent consumèriste où quelque part les artistes qu'ils soient acteurs, chanteurs, ... sont avant tout des produits qu'il faut bien vendre et donc mettre en valeur ...
cette course à la surenchère dans le plus mince, le plus sexy, le plus musclé, le mieux payé, etc aurait tendance à un peu me saouler j'en ai peur à la longue.
je me demande bien ce que nous réservera le prochain film où SRK jouera mais j'espère franchement que rassuré par le succès commercial de "om shanti om" il pourra se permettre d'être plus lui même !
ah oui dernière chose on retrouve dans le film au moment où Om (SRK) meurt, la musique de fin du film 'Dracula" de Francis Ford Coppola. Le thème musical correspond au moment où Dracula redevient homme après avoir été tué de la main de Wilhemina Harker. (film que j'adore par ailleurs et dont je vais parler très prochainement je l'ai vu au moins 30 fois enfin je compte plus c'est comme le livre de Bram Stoker que j'ai déjà lu maintes fois mais là c'est un autre sujet)
24 novembre 2007
Aziza Mustafa Zadeh - artiste à découvrir ...
Aziza Mustafa Zadeh est une chanteuse et pianiste de jazz azeri, née le 19 décembre 1969 à Bakou (Azerbaïdjan)
J'ai découvert cette artiste lors d'un stage d'été chez Sony Music, en 95 je crois. Sa voix, les rythmes de ses compositions m'ont tout de suite séduites.
J'ai réécouté récemment son album et j'y ai retrouvé des liens avec certaines chansons de films indiens, où les voix de femmes s'envolent.
La pochette du disque (en bleu plus bas) m'a fait penser à l'actrice Kareena Kapoor dans "Asoka".
Biographie
Fille du pianiste Vagif Mustafa Zadeh, Aziza Mustafa Zadeh commence le chant à l'âge de trois ans. Elle étudie ensuite le piano en suivant un cursus « classique ». Elle fait ses premiers pas sur scène avec son père qui pratique le « mugham-jazz fusion », mélange de jazz et de musique orientale.
En 1991, elle enregistre un premier album en solo titré simplement Aziza Mustafa Zadeh.
En 1993, c'est en trio qu'elle enregistre Always, avec le bassiste John Pattucci et le batteur Dave Weckl. En 1995, elle enregistre Dance of fire. Sur ce disque, elle est accompagnée par des musiciens tels que le guitariste Al Di Meola, les bassistes Stanley Clarke et Kai Eckhardt, le batteur Omar Hakim et le saxophoniste Bill Evans. Suivent les albums Seventh thruth (1996), Jazziza (1997) - avec en sidemen Toots Thielemans et Philip Catherine - et Shaman (2002).
Elle habite à Mayence.
http://www.azizamustafazadeh.de
Quelques photos
Le mugham
Le mugham est un genre musical traditionnel et savant d’Azerbaïdjan qui laisse une place prépondérante à l’improvisation. Il associe le chant à des musiciens jouant des instruments traditionnels du pays : le tar (luth à 11 cordes), le kamancheh (violon à quatre cordes) et le daf (grand tambourin). Le mugham azerbaïdjanais partage les caractéristiques artistiques du maqam irakien, du radif perse et du Makam turc. Depuis l’indépendance du pays en 1991, on assiste à un renouveau du mugham ainsi qu’une certaine modernisation (enregistrements sonores) qui met en péril son caractère improvisé et le principe de sa transmission orale. Le mugham a été classé "Chef-d’œuvre du Patrimoine oral et immatériel de l'humanité" par l’UNESCO, dans une démarche qui s’attache à préserver la mémoire et l’intégrité des formes artistiques et culturelles menacées.
23 novembre 2007
Asoka de Santosh Sivan
L'histoire..
Le film raconte l'ascension romancée d'Asoka (Shahrukh Khan) qui deviendra le plus grand empereur de l'Inde antique, de son amour pour Kaurwaki (Kareena Kapoor), une princesse du Kalinga (aujourd'hui l'Orissa), de la conquête de ce territoire et de sa conversion au bouddhisme devant l'horreur du champ de bataille.
Asoka (Shahrukh Khan) est un jeune prince guerrier. Son demi-frère, héritier du trône, cherche à le supprimer car il craint de voir Asoka régner à sa place. Asoka doit s'éloigner et abandonner son identité. Sous le nom de Pawan, il rencontre ainsi la princesse Kaurwaki (Kareena Kapoor) et son petit frère, héritiers du trône de Kalinga et contraints à la fuite. Asoka-Pawan et Kaurwaki se marient, mais Asoka doit partir et croit la jeune femme morte. Inconsolable, blessé, il est recueilli par une communauté bouddhiste qui le soigne mais ne parvient pas à soulager sa peine, malgré son mariage (de raison) avec Devi, une jeune fille bouddhiste. Revenu dans son royaume, il se consacre à la guerre. Quand sa mère est assassinée il bascule dans une rage cruelle, meurtrière. Devenu empereur, il agrandit son empire dans le sang. Jusqu'au jour où...
En 260 avant JC, le prince Asoka (Shah Rukh Khan) est obligé de « s’exiler » sur les conseils de sa mère, Dharma, pour échapper à l’ambition de son demi-frère, Susima (Ajith Kumar), qui rêve du trône de Maghada. Dans sa découverte du monde, le jeune homme, qui a emprunté le nom de son cheval, Pawan, rencontre Kaurwaki (Kareena Kapoor) et son jeune frère Arya. Ces derniers, sous la protection du très austère Bheema (Rahul Dev), sont en fait les héritiers en fuite du royaume de Kalinga.
Sans dévoiler leur identité, Asoka/Pawan et Kaurwaki se marient. Mais Asoka doit partir. Ildoit retourner au palais pour voir sa mère. À son retour, il apprend la mort de sa femme ainsi que du frère de celle-ci et, fou de douleur, il rentre chez lui revendiquer le trône. Inconsolable, blessé, il est recueilli par une communauté bouddhiste qui le soigne mais ne parvient pas à soulager sa peine, malgré son mariage (de raison) avec Devi, une jeune fille bouddhiste.
Asoka se transforme alors en être cruel, inhumain, toujours entre deux guerres. Conscient de ses devoirs envers son royaume, il épouse sans grande conviction Devi (Hrishitaa Bhatt), une disciple de Bouddha. Dans son désir d’expansion, Asoka décide d’attaquer Kalinga. Kalinga que Kaurwaki, toujours vivante et qui a cherché en vain Pawan, a décidé de défendre coûte que coûte.
ASOKA est un film remarquable à plus d'un titre. Ce film historique inspiré d'un personnage légendaire indien, est à la fois un vrai film de guerre avec des scènes de combat épiques, spectaculaires, et un film qui considère la violence avec le regard des bouddhistes, sans complaisance mais plein de compassion. C'est à la fois un film traditionnel, et très actuel par sa mise en scène, ses costumes, sa musique, sa lumière.
Kareena Kapoor a beaucoup de charme, mention spéciale à ses yeux verts et à son maquillage, original et très seyant. Shahruck Khan est étonnant, il semble habité par son personnage, farouche, sombre, imposant, superbe, tour à tour effrayant et poignant. On découvre avec Asoka une autre facette de ce grand acteur. Les personnages "secondaires" sont attachants, notamment Devi (Hrishitaa Bhatt) la jeune épouse bouddhiste, Bheema (Rahul Dev) le protecteur de Kaurwaki, et Virat (Danny Denzongpa) l'ami d'Asoka.
Côté décors, l'Inde traditionnelle, ses forts, ses sculptures, ses escaliers qui descendent dans le lac, sont agréablement présents.
Côté musical, quelques danses, mais surtout une musique originale de Anu Malik et qui accompagne très bien le film.
Fiche technique
- Réalisation : Santosh Sivan
- Scénario : Saket Chaudhary, Santosh Sivan
- Musique originale : Sandeep Chowta, Anu Malik (chansons)
- Image : Santosh Sivan
- Montage : A. Sreekar Prasad
- Direction artistique : Sabu Cyril
- Durée : 155 mn (version internationale) / 180 mn (version intégrale) / 176 mn (distribution au Royaume-Uni) / 169 mn (director's cut pour la distribution américaine)
Distribution
- Shahrukh Khan : Asoka (crédité Shah Rukh Khan)
- Kareena Kapoor : Kaurwaki (crédité Kariena Kapoor)
- Danny Denzongpa : Virat
- Ajit Kumar : Susima
- Hrishitaa Bhatt : Devi
- Rahul Dev : Bheema
- Suraj Balaje : Arya
- Umesh Mehra : Chandragupta Maurya
- Subhashini Ali : Dharma
- Gerson Da Cunha : Bindusâra
Pour tous ceux qui apprécient les films stylés où l’accent est mis sur le visuel, Asoka est une aubaine. Par l’usage particulier des angles de prise de vue lors des scènes d’action ou des séquences chantées, qui obéissent à une chorégraphie parfaite, le réalisateur du très apprécié Terrorist, Santosh Sivan, a réussi un véritable régal visuel. Soit on aime, soit on déteste ce qu’il fait dans ce film. En tout cas, on ne reste pas indifférent devant la relation entre le directeur photo-réalisateur et sa caméra. Les décors magnifiques et le travail des costumiers passent difficilement inaperçus et ne font, au contraire, qu’accentuer tout le plaisir. Tout comme les scènes de combat épiques et synchronisées, notamment la surréaliste vision de la bataille de Kalinga. On a l’impression que le spectateur a été mis en condition durant tout le film afin de mieux savourer cette scène avec ses milliers de figurants. Toute cette beauté technique éclipse quelque peu le jeu des acteurs qui pourtant font honneur à Asoka.
Voilà un rôle sur mesure pour le « king » Shah Rukh Khan que celui de l’empereur Asoka. Du jeune prince arrogant à l’empereur cruel, on se laisse tromper par la présence indéniable de l’acteur. Tout comme par celle de la belle Kaurwaki qu’incarne une Kareena Kapoor qui faisait ses grands débuts à Bollywood un an plus tôt seulement dans Refugee. Peu d’actrices auraient été capables de réaliser une pareille performance. De plus, elle est vraiment sexy dans ses costumes. Suraj Balaji, le petit héritier de Kalinga, est tout simplement superbe, naturel et émouvant, comme dans cette scène où, croyant voir Pawan, il s’élance vers lui, le suppliant de le protéger de la cruauté de l’empereur de Maghada, le grand Asoka. On écrase vraiment une larme. Danny Denzongpa, dans le rôle de Veerat, l’ami fidèle du roi rencontré lorsqu’il était Pawan, est vraiment drôle. Voilà qui le change un peu de ses habituels personnages de méchant.
La musique d’Anu Malik est tout simplement sublime, adaptée à l’esprit, à l’époque du film. On ne se lasse pas d’écouter Roshni se,San sanana ou Aa taiyyar ho ja sur des clips quelque peu sexy. Un vrai régal auditif !
Cependant, Sivan semble accorder plus d’attention à ses prises de vues qu’au scénario qui traîne un peu (2 h 50). Au point où la magie prend difficilement entre Pawan et Kaurwaki dans la première partie. La romance n’est pas assez intense pour déchirer le cœur quand ils sont séparés. De même, le film témoigne d’une période trop lointaine de l’histoire de l’Inde (IIIe siècle avant J.-C.) pour vraiment intéresser la jeune génération d’aujourd’hui, au contraire du plus contemporain Lagaan. On a donc presque l’impression que le film s’adresse à une minorité plutôt qu’à la masse. Mais Asoka reste un spectacle magnifique, dans la lignée de Braveheart ou encore du 13e guerrier.
Le côté technique, la musique et, dans une moindre mesure, Kareena Kapoor sont les atouts de ce film qui n’a rien à envier aux productions hollywoodiennes. Asoka, c’est ce qui s’est fait de mieux à Bollywood, techniquement s’entend, avec Lagaan, en 2001, et on en redemande encore et encore. On passe en tout cas quelques heures agréables, car Asoka est simplement un vrai régal pour les sens !
quelques extraits vidéos
20 novembre 2007
Les Hijras
Pour ressembler à la déesse-mère, ces hommes ont choisi de vivre en femmes et font partie intégrante de l'hindouisme. On estime leur nombre entre 200 000 et 2 millions. Les hijras viennent de toutes les castes, on compte même des personnes à l'origine musulmanes dans leurs rangs. Elles exigent que les quelques rares enfants nés hermaphrodites leur soient remis, elles les élèveront elles-mêmes. Les hijras forment une communauté vénérant un avatar de la Shakti, Bahuchara Mata. On aurait tort de croire les pratiques homosexuelles admises en Inde, elles sont toujours réprimées par la loi, mais les hijras forment un genre à part.
Musiciennes et chanteuses, elles participent à la bénédiction des enfants mâles ainsi que celle des jeunes mariés. Elles sont censées pouvoir guérir de l'infertilité et se font rémunérer leurs services parfois à des prix très élevés. Lorsqu'un fils naît, les hijras organisent une cérémonie au cours de laquelle elles intègrent les fautes passées du nouveau-né. Après des danses, rythmées par des tambourins, elles bercent l'enfant avec des gestes tout à fait maternels afin de bénir sa nouvelle vie.
Les communautés d'eunuques s'organisent autour d'un gourou. D'abord Kothis (travestis), elles subissent une émasculation complète (en hiver, pour éviter les infections) au cours d'une cérémonie bénie par leurs soeurs. L'ablation des testicules et du pénis est interprétée comme une seconde naissance. Comme dans les pratiques yogiques, la maîtrise du désir converti la capacité procréatrice en énergie intellectuelle, à l'image de Shiva. C'est pourquoi les "nirva moorath" (eunuques) tiennent une position élevée dans les communautés d'hijras. 70% d'entre elles sont "akwa moorath", elles ont gardé leur attributs masculins mais ingèrent des hormones et se font poser des implants mammaires pour devenir femmes.
Une fois par an, par une nuit de pleine lune, elles se réunissent au village de Koovagam, pour jouer un des épisodes du Mahabharata. Fatigués des combats sans fin entre les Kauravas et les Pandavas, les dieux décidèrent que serait déclaré vainqueur le clan qui leur sacrifierait un jeune homme. Le prince Aravan, du clan des Pandavas, se désigna mais exigea de connaître les joies du mariage avant son sacrifice. Aucun père ne voulu donner sa fille, promise à un veuvage et condamnée par la suite à vivre dans la misère. Krishna s'incarna alors, pour une nuit, en Mohini l'enchanteresse et s'unit à Aravan. C'est pourquoi chaque année, les hijras commémorent l'union de Dieu et des hommes.
de très beaux clichés réalisés par le photographe Dehis Bourges :
http://www.tendancefloue.net/photographes/denis_bourges/hijras/portfolio.php?id=portfolio.xml
voir aussi le reportage réalisé par Bruno Morandi Photographe sur ce sujet :
http://www.brunomorandi.com/
19 novembre 2007
In the mood for love de Wong Kar Wai
Hong Kong,1962. Journaliste, Chau emménage avec sa femme dans un nouveau logement, en plein cœur d'un immeuble habité par la communauté shangaiaise. Il y rencontre Li-Chun, ravissante jeune femme qui vient elle aussi d'emménager avec son époux. Celui-ci, représentant d'une société japonaise, est régulièrement absent. Lui-même souvent seul, Chau passe de plus en plus de temps avec Li-Chun, jusqu'au jour ou les deux amis découvrent que leurs époux respectifs sont amants... Dès lors Li Chun et Chau essaient de comprendre comment cette histoire d'A (comme adultère) a pu commencer. A ce petit jeu, ils tomberont eux aussi amoureux l'un de l'autre.
Interprètes :
- Tony Leung
- Maggie Cheung
- Rebecca Pan
- Lai Chen
- Siu Ping-Lam
fiche technique
Ce que j'aime dans ce film
- la rencontre entre 2 âmes trompées
- la musique
- l'atmosphère
- les robes de Maggie Cheung
- les ruelles et la pluie
- les nouilles ;)
Commentaires
Le film aurait du avoir pour cadre Pékin mais les autorités chinoises en décidèrent autrement. Pour recréer l'atmosphère du Hong Kong des années 60, le film fut tourné dans la ville d'Angkor au Cambodge.
"Au départ l'action d'In The Mood for Love devait se passer autour de la place Tian Anmen. Maggie Cheung et Tony Leung devaient interpréter des amants vivant à Hong Kong mais travaillant à Pékin qui se donnent rendez-vous sur la place Tian Anmen. J'ai eu beau expliquer aux censeurs que je ne voyais pas en quoi le sujet était offensant, ils ne voulaient pas en entendre parler. Alors je me suis dit si nous ne pouvons pas le tourner ici, tournons-le ailleurs, ce n'est qu'une histoire d'amour et de nourriture"
Le tournage d'In the Mood for Love a duré 15 mois et fut éprouvant, notamment à cause de tensions entre le metteur en scène et ses acteurs. Fait rarissime, le film n'était pas terminé lorsque sa sélection à Cannes fut annoncée.
Il y fut projeté pour la première fois, dans une version non mixée (le montage définitif fut terminé l'avant-veille), ce qui ne l'empêcha pas de recevoir un excellent accueil critique et de remporter le prix de la meilleure interprétation masculine pour Tony Leung ainsi qu'un prix spécial attribué à Christopher Doyle, Mark Li et William Chang pour leur contribution artistique.
Dans ce film, Wong Kar-wai aborde de nouveau ses thèmes de prédilection : l'histoire d'amour avortée, la solitude, la difficulté d'exprimer ses sentiments, le temps qui passe et les souvenirs qui restent. Le scénario peut sembler, sur le papier, très simple. Il ne faut pas s'y fier, il est au contraire trés riche et complexe.
L'histoire qu'il nous raconte est en apparence banale : la rencontre entre une jolie femme (Maggie Cheung) et un bel homme (Tony Leung) dans un petit hôtel d'Hong Kong.
A partir de cet argument volontairement anecdotique, il cherche des réponses à des questions simples sur l'amour, la blessure liée à l'infidélité, les origines d'une rencontre, et le regret. Il décortique les stratégies de séduction entre ses deux personnages en ne s'attachant qu'à l'essentiel, toutes ces petites choses anodines qui sont le ferment de la passion érotique: regards subrepticement échangés, dialogues à double ou triple sens autour d'un plat fumant, frôlements équivoques.
Par ailleurs Wong Kar-wai établit un portrait du Hong Kong des années 60, de ce voisinage très indiscret, de ces rues vides et nocturnes, pluvieuses et sordides. Avec des décors superbes, que ce soient les bureaux, les appartements ou les restaurants, le réalisateur nous installe dans un univers qui lui est propre, presque claustrophobique, à base de couleurs pastelles et flashy, retransposition acidulée de l'époque.
La mise en scène, subtile et sensuelle, est plus classique et épurée dans sa forme que dans ces précédents films. Oubliés, la caméra acrobatique et le montage au scalpel. In the Mood for Love ressemble à un ballet, les corps s'aimantent et se séparent. Les cadrages serrés contribuent à la sensation d'un espace confiné, la caméra n'hésite pas à filmer au ralenti lorsque des moments apparemment sans grande importance le sont pourtant aux yeux des 2 amants platoniques. Il choisit de ne jamais nous montrer le visage des époux infidèles, qui sont ainsi à la fois absents du film mais aussi quasi divinisés car omniprésents et douloureusement adorés.
L'interprétation quasi féline du couple Tony Leung/ Maggie Cheung est exceptionnelle. Le prix d'interprétation de Tony Leung est on ne peut plus mérité et consacre une carrière exceptionnelle. Maggie Cheung (qui change de robes tous les 2 plans) est plus belle et émouvante que jamais. Elle aurait mérité elle aussi un prix d'interprétation (mais une tornade islandaise est passée par là).
vidéos
trailer
mouvements des acteurs
début du film
17 novembre 2007
Un livre à découvrir .... de Vikas Swarup
Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire
de Vikas Swarup
Quand le jeune Ram Mohammad Thomas devient le grand vainqueur de 'Qui veut gagner un milliard de roupies ?', la production soupçonne immédiatement une tricherie. Comment un serveur de dix-huit ans, pauvre et inculte, serait-il assez malin pour répondre à douze questions pernicieuses ? Accusé d'escroquerie, sommé de s'expliquer, Thomas replonge alors dans l'histoire de sa vie... Du prêtre louche, qui laisse trop volontiers venir à lui les petits enfants, à la capricieuse diva de Bollywood, du tueur à gage fou de cricket au diplomate australien espion de sa propre famille, des petits mendiants des bidonvilles de Bombay aux touristes fortunés de Taj Mahal, au fil de ces rencontres, le jeune homme va apprendre que la fortune sourit aux audacieux... Splendeur et misère de l'Inde d'aujourd' hui ou les rocambolesques aventures d'un gamin des rues qui rêve de devenir quelqu'un.
Né à Allahabad, en Inde, il y a quarante-trois ans, d’une grande famille d’avocats, Vikas Swarup a étudié l’Histoire contemporaine, la psychologie et la philosophie. Devenu diplomate, il a été en poste en Turquie, aux États-Unis, en Ethiopie et en Grande-Bretagne ; il travaille actuellement au ministère des Affaires étrangères à New Delhi, et est en charge des relations entre l’Inde et le Pakistan. Passionné de littérature, lecteur assidu d’Albert Camus et de thrillers américains, Vikas Sawarup écrit depuis des années et a remporté de nombreux concours de nouvelles. Il a rédigé son premier roman, Les fabuleuses aventures d’un Indien malheureux qui devint milliardaire, en tout juste deux mois. Il dit avoir été très influencé par le bouillonnement créatif de Londres où il vivait au moment de l’écriture de ce livre. Traduit en quinze langues, Les fabuleuses aventures d’un Indien malheureux qui devint milliardaire va bientôt faire l’objet d’une adaptation cinématographique. Une comédie musicale dans la plus pure tradition Bollywood est également en préparation.




















