shantaram

A propos de l'Inde mais pas seulement : déco, musique, mode et nouvelles technologies

30 novembre 2007

Devdas de Sanjay Leela Bhansali

Synospis
Devdas, le fils d'un riche propriétaire, et Paro, la fille d'un modeste voisin, s'aiment passionnément. Malheureusement, le père de Devdas n'accepte pas l'entrée de Parvati dans sa famille en raison des différences de classe sociale.
Paro va alors épouser contre son gré un propriétaire plus âgé qu'elle, et Devdas, parti à Calcutta, sombre dans l'alcoolisme. 

Ce que j’ai aimé dans ce film :

·         Shahrukh khan bien entendu

·         Madhuri Dixit vraiment exceptionnelle

·         La musique

·         Les danses

·         Les costumes

·         La lumière et les couleurs

·         Les décors

Fiche technique

  • Titre : Devdas

  • Réalisation : Sanjay Leela Bhansali

  • Scénario : Prakash Ranjit Kapadia et Sanjay Leela Bhansali

  • Musique : Ismail Darbar

  • Date de sortie : 2002

  • Film indien

  • Format : 2.35:1 (couleurs)

  • Genre : comédie dramatique

  • Durée : 2h 58mn

  • Tous publics

Distribution

  • Shahrukh Khan : Devdas Mukherjee

  • Aishwarya Rai : Paro (Parvati) Chakrabôrty

  • Madhuri Dixit : Chandramukhi

  • Jackie Shroff : Chunnilal

  • Kiron Kher : Sumitra Chakrabôrty

  • Smita Jaykar : Kaushalya

  • Tiku Talsania : Dharamdas

  • Vijayendra Ghatge : Bhuban Chowdhury

  • Milind Gunaji : Kalibabu

  • Ananya Khare : Kumud

  • Manoj Joshi : Dwijdas

  • Dina Pathak : Mère de Bhuban

  • Vijay Crishna : Narayan Mukherjee

  • Sunil Rege : Neelkant

  • Jaya Bhattacharya : Manorama

  • Apara Mehta : Badi Aapa

  • Radhika Singh : Yashomati

  • Kapil Soni : Mohendra

  • Muni Jha : Kaka

  • Amardeep Jha : Mère de Kalibabu

  • Jha Bansaree : Paro enfant

  • Madhani Mohit : Devdas enfant

  • Aksha : Kalika

Analyse par Thomas Podvin

3598__devdas15Il est difficile de parler de Devdas sans recourir aux superlatifs, tant ce film représente un véritable culte du beau. Il y a toujours un plus dans tout ce qui est mis en scène et cadré. Les actrices ont les mains maquillées et ornées de bijoux, elles portent des costumes chamarrés et évoluent dans des décors grandioses sublimés par un éclairage très travaillé. Mais Devdas n'est pas un exercice de style friqué et vain. Les magnifiques décors raffinés, presque baroques, le maquillage, les costumes et accessoires, et la photographie ainsi que certaines idées de mise en scène subliment les personnages et leur histoire. Tous ces éléments participent au spectacle et sont adroitement utilisés pour exprimer des sentiments et des émotions ineffables. Le talent du réalisateur, et de son équipe, est d'avoir mis une débauche de beauté et de splendeur au service de son propos et du parcours des personnages.

AishwaryaRai_in_DevdasL'un des grands atouts du film est ainsi d'échapper aux travers typiques de ce genre de produit. Le réalisateur évite soigneusement de longs tunnels dialogués pour expliquer une histoire ou des sentiments. Il choisit plutôt de les montrer et de les dévoiler en recourrant à tous les éléments visuels (photographie, montage, décors, accessoires…) et sonores propres au médium. Toutes les ressources cinématographiques disponibles sont donc employées au maximum. La photographie est évidemment l'outil à l'efficacité la plus visible. Dans la scène au clair de lune où Devdas découvre le visage de Paro, les deux amoureux sont enrobés par une réflexion mouvante des vitraux colorés sous les rayons lunaires. Celle-ci accentue la révélation magnifique et souligne la comparaison entre la beauté des traits de Paro et de la lune. Le montage à également son importance. La séparation des deux amants est montée en cross cuting ou montage alterné, entre ici un flash back et une scène actuelle. Ce procédé permet de mettre en parallèle les tragédies du passé et du présent et donc démultiplie leur intensité dramatique. Enfin, l'ambiance sonore appuie les effets. Le bruit du tonnerre ou d'un claquement de fouet vient appuyer un moment tragique ou une terrible révélation.

devdas7Le fond et la forme vont ainsi se compléter, s'harmoniser et sublimer l'histoire des personnages. Le film prend des allures de conte de fée après le premier tiers. Tout converge alors vers un spectacle d'une intensité et d'une beauté extrême. Lors de la scène à la source entre Devdas et Paro, la lumière de la lune les illumine d'une clarté quasi féerique. Le film entre alors dans une phase plus onirique, en dehors des réalités d'une simple histoire d'amour, et évidemment loin du quotidien indien (lieu et époque demeurent assez flous). Devdas est devenu gentleman tandis que Paro possède tous les atours d'une princesse de contes. Le premier ne peut se soustraire à son déclin malgré toutes ses vertus. Paro, elle, change de statut et évolue dans un environnement qui correspond à ses métamorphoses. D'abord jeune fille qui attend Devdas dans sa chambre, elle prend ensuite des allures de belle au bois dormant orientale au clair de lune. Puis elle acquiert une situation stable d'épouse d'aristocrate et de mère au sein d'un palais grandiose où un plan majestueux lui donne les apparences d'un personnage de peinture assujettie à son environnement et au décorum. Par la suite, sa grandeur, son charisme, le luxe des ses vêtements et bijoux révèlent l'importance de sa situation de maîtresse de maison.

devdas2003En utilisant tous les moyens mise à disposition, le réalisateur Sanjay Leela Bhansali réussi avec rigueur et sans digression inutile à imprimer sur pellicule le pathos de ses personnages et à redonner ses lettres de noblesse au genre de la comédie mélodramatique indienne. L'histoire d'amour de trois heures ne s'essouffle pas car de nouveaux éléments viennent s'ajouter au récit et maintiennent l'intérêt du spectateur tout en faisant progresser l'intrigue. Ce qui ne veut pas dire que Sanjay Leela Bhansali ne prenne pas son temps pour ménager de purs moments de poésie (avec danses et chants par exemple) ou des instants lyriques (dialogues imagés, poétiques et / ou à plusieurs niveaux de lectures) qui confirme la filiation du film à la littérature. Pour mémoire, le scénario est basé sur un roman classique indien déjà maintes fois porté à l'écran. Devdas est un film populaire, mais qui offre une plus-value indéniable par rapport aux autres films commerciaux Bollywood du genre. Il ne sombre pas dans les écueils faciles du mélo. Le film n'est ni kitch, ni ennuyeux et tout en impliquant le public au divertissement, il évite de prendre le spectateur en otage d'une déferlante de bons sentiments et de débordements lacrymaux (comme le laissait faussement présager le premier quart d'heure). Bref, il titille autant l'affect que l'intellect, il contente autant le goût du beau que le pathos. Ce qui mérite tout de même la plus grande attention. 

www.HKCinemagic.com 


Secrets de tournage

Devdas_20Aishwarya_20Rai_20et_20Shahrukh_20KhanBudget

Devdas, a bénéficié d’un des plus gros budgets jamais alloués pour un film indien, plus de 13 millions de dollars. En regardant le film on comprend vite pourquoi : tout est sublime et extravagant que ce soit dans les costumes, les décors, les lumières, …

Chansons et danses

Pour son Devdas, le réalisateur Sanjay Leela Bhansali a choisi d'inclure de nombreux numéros musicaux, chantés ou dansés. Pas moins de deux ans et demi ont ainsi été nécessaires à la composition de tous les morceaux, chaque chanson prenant par ailleurs dix jours à être enregistrée.

Devdas_2002_4Difficultés climatiques

La production de Devdas a souffert des conditions climatiques particulières à l'Inde. Ainsi le lac autour duquel une large partie des décors ont été construit s'est-il asséché au fur et à mesure du tournage, posant de nombreux problèmes de raccord. Quant à la pluie, elle a considérablement gêné la construction du palais de Paro, même si celle-ci avait été planifiée de novembre à juin, les mois sans mousson. Les chutes d'eau incessantes ont obligé les équipes techniques à repeindre le décor à plusieurs reprises.

p3Costumes travaillés

Dans la grande tradition des films indiens, Devdas montre d'impressionnants costumes, confectionnés pour la plupart à partir de pièces trouvées à Calcutta. Ainsi les sarees (habits féminins traditionnels) portés par Paro tout au long du film ont été fabriqués à partir de 600 saree achetés.

Présenté à Cannes

Présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2002, Devdas a été sélectionné pour représenter l'Inde à la cérémonie des Oscars 2003, même si le film n'a finalement pas été retenu dans les nominations. Devdas a également été nommé aux BAFTAS (British Academy Film Awards), dans la catégorie Meilleur film en langue non anglaise

Le roman

18655376Devdas est un roman Bengalî publié en 1917, écrit par Sarat Chandra Chatterjee (1876-1938, de son nom bengali de naissance "Chattopadhyay")

C'est l'histoire d'un amour passionné et contrarié entre Devdas, fils d'un riche "zamindar" ( propriétaire de plusieurs villages ), et de sa voisine Paro ou Parou (diminutif de Parvati ou Parvoti), fille de voisins d'une condition sociale plus modeste. La famille de Devdas s'opposant à leur union, Devdas va sombrer dans la déchéance et l'alcool, tandis que Paro va se résigner à épouser un riche veuf.

g6bDans une traduction d'Amarnath Dutta, le narrateur conclut cette histoire par ces mots émouvants : "Je n'ai aucune idée de ce que Parvoti est devenue maintenant à la suite de tant d'années. Je ne cherche pas à le savoir non plus. Mais c'est pour Devdas que j'éprouve un profond chagrin. Après avoir lu l'histoire tragique de sa vie, vous éprouverez sans doute le même sentiment que moi. Néammoins, si jamais vous rencontez un malheureux, un débauché et un pécheur comme Devdas, alors priez pour son âme. Priez pour que, quoi qu'il advienne, personne ne meure de la même façon pitoyable que Devdas. La mort n'épargne personne. Mais qu'à cette dernière heure, le front du mort reçoive le toucher de doigts affectueux, que la flamme de la vie s'éteigne sous le regard d'un visage empli d'affection et de compassion, qu'il voie au moins une larme dans les yeux d'un être humain. Ce serait pour lui un bonheur suffisant au moment de son départ pour l'autre monde."

Souvent comparé à un Roméo et Juliette indien, le roman connut un immense succès et fit l'objet de plusieurs traductions et de nombreuses adaptations cinématographiques en Inde, une des plus fameuses est celle de Bimal Roy, la plus récente étant celle de Sanjay Leela Bhansali.

Extraits vidéos

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29 novembre 2007

Dracula de Francis Ford Coppola

Dracula_coppola_01_posterSynopsis

En 1462, le prince Vlad Dracul, revenant de combattre les armées turques, trouve sa fiancée suicidée. Fou de douleur, il défie Dieu, et devient le comte Dracula, vampire de son état. Quatre cents ans plus tard, désireux de quitter la Transylvanie pour s'établir en Angleterre, il fait appel à Jonathan Harker, clerc de notaire et fiancé de la jolie Mina Murray. Arrivé en Transylvanie sur l'invitation du Comte Dracula qui souhaite acquérir une propriété à Londres, Jonathan Harker tombe sous l'emprise du comte et de ses maîtresses. Pendant ce temps Dracula se rend à Londres où il entreprend de séduire la fiancée de Harker, portrait vivant de sa femme bien aimée, Elisabeta, morte au XVIème siècle

Ce que j'aime dans ce film :

  • l'histoire d'amour passionnée entre wilhemina murray et le comte Dracula

  • la photographie

  • la musique de Wojciech Kilar sublime

  • les acteurs en particulier Winona Ryder et Gary Oldman

  • les costumes dont certains inspirés d'oeuvre d'art comme la robe dorée de Dracula inspirée par les  tableaux de Klimt

  • les vampires femmes dont notamment Monica Belluci

Fiche technique

  • Titre : Dracula

  • Titre original : Bram Stoker's Dracula

  • Réalisation : Francis Ford Coppola

  • Scénario : James V. Hart et John Veitch (d'après le roman de Bram Stoker)

  • Production : Francis Ford Coppola, Fred Fuchs et Charles Mulvehill

  • Musique : Wojciech Kilar

  • Photographie : Michael Ballhaus

  • Montage : Anne Goursaud

  • Décors : Thomas E. Sanders

Distribution

  • Gary Oldman : Dracula

  • Keanu Reeves : Jonathan Harker

  • Winona Ryder : Mina Murray / Elisabeta

  • Anthony Hopkins : Abraham Van Helsing

  • Richard E. Grant : docteur Jack Seward

  • Sadie Frost : Lucy Westenra

  • Cary Elwes : Lord Arthur Holmwood

  • Billy Campbell : Quincey P. Morris

  • Monica Bellucci : une des concubines de Dracula

  • Tom Waits : R.M. Renfield

Extraits vidéos

Analyse

231LES PREMIÈRES bandes-annonces de "Bram Stoker's Dracula", en inscrivant en lettres de sang identiques leurs noms respectifs, semblaient suggérer que l'essentiel du film résiderait dans la confrontation entre un cinéaste et son sujet à savoir un choc entre deux figures légendaires : DRACULA et COPPOLA.

Francis Ford Coppola, c'est le dernier nabab, le démiurge taciturne, le seigneur retranché dans ses studios, celui qui après le triomphe des deux premiers "Godfather" ("Le Parrain I" et "II") et leur pluie d'oscars, après les consécrations cannoises de "The Conversation" ("Conversation secrète") et d'"Apocalypse Now", enchaîna faillite sur faillite, échec public et indifférence critique (ou vice versa) sans cesser de bénéficier d'une aura impressionnante et persistante d'artiste de premier plan.

18857498Dracula, c'est le vampire le plus célèbre, la créature des ténèbres à la sinistre réputation qui - du roman original de Bram Stoker à ses innombrables avatars cinématographiques, télévisuels, théâtraux, picturaux etc. - est devenu un mythe incontournable de l'imaginaire collectif contemporain (sans oublier que cette "légende" puise son origine dans une réalité historique). Il est assez rare qu'un film occasionne une rencontre pareille. C'est la première fois en tout cas que Coppola s'attaque à un mythe aussi universel, aussi étroitement "codé" dans l'esprit du public, avec tout ce que cela comporte de risqué et d'intimidant. Le roman de Mario Puzo dont Coppola tira sa trilogie du "Parrain" était déjà un best-seller. Mais c'est sa version filmée qui a permis à ses personnages - via l'interprétation de Marlon Brando, d'Al Pacino, de DeNiro et des autres - d'accéder à un statut quasiment légendaire. Coppola est donc non seulement un cinéaste "mythique" mais c'est également un créateur, voire un re-créateur de mythes. Or avec "Bram Stoker's Dracula", le "faiseur de mythes" s'est attaqué à un mythe déjà "fait", pré-constitué, aux caractéristiques littéralement archétypiques. Il s'agit donc pour le cinéaste de procéder à une re-constitution de son sujet, soutenue par le scénario de Jim Hart (dont je vais reparler). Mais jusqu'à quel point peut-on revisiter Dracula et son univers dont les règles et les codes sont si strictement définis (non seulement par rapport au roman d'origine mais aussi dans ce qui le rattache au genre fantastique tout entier) sans s'échouer sur les écueils du fourre-tout baroque ou du post-modernisme stérile ?

bramstoker_draculaAdaptation(s)

Le nom de Bram Stoker figure dans le titre même du film tel qu'il est sorti aux USA. Ainsi Coppola annonce clairement la couleur : c'est le "Dracula de Bram Stoker" que nous allons voir. Louable initiative que de proclamer d'emblée la fidélité d'une adaptation à son modèle. Encore convient-il de nuancer cette revendication d'authenticité et savoir surtout à qui l'on s'adresse. Le grand public se moque éperdument de savoir si le livre sera respecté (et nous parlons des gens qui savent que ce Dracula était d'abord un roman, autant dire une proportion de spectateurs relativement faible...) : il attend le grand frisson, il veut claquer des dents et sursauter, comme il l'a certainement déjà fait devant les précédentes adaptations du roman en ignorant très souvent jusqu'à l'existence même de ce dernier. C'est le nom de Dracula qui frappe l'esprit du spectateur ordinaire et non celui de Bram Stoker (le titre français ne s'y trompe pas qui élimine purement et simplement ce dernier). Quand aux puristes, ou du moins ceux qui connaissent le roman original, ils sont en droit d'attendre une retranscription à la fidélité irréprochable, dans la lettre et dans l'esprit. Une fidélité qui fut le leit-motiv - pas vraiment à juste titre d'ailleurs,nous le verrons - des diverses interviews de promotion du film, des acteurs au scénariste, en passant par le réalisateur lui-même.

Dracula2Avouons-le d'emblée, tous seront, à divers degrés, surpris ou déçus. Mais je m'empresse d'ajouter que le "Dracula" de Coppola est effectivement sur le plan du récit pur, la version la plus fidèle à ce jour du livre de Stoker : le script de Jim Hart (auteur du sinistrissime "Hook" de Spielberg) respecte tous les grands chapitres de l'histoire, restitue des épisodes négligés autrefois, n'oublie aucune scène "à faire" (en rajoute même un peu si besoin est) et réintroduit chaque personnage créé par Stoker, alors que, pour des raisons sans doute légitimes de concision et d'efficacité, les versions de Murnau ("Nosferatu", 1922), Browning ("Dracula", 1931), Fisher ("Dracula", 1958) Badham ("Dracula", 1979) et Herzog ("Nosferatu", 1979) pour citer les plus connues, supprimaient certains protagonistes, certaines séquences ou les modifiaient, lorsqu'elles ne les faisaient pas tout bonnement fusionner.

dracula5Mais qui trop embrasse mal étreint, et à vouloir conserver la quasi-totalité de l'imposant matériau d'origine, on court le risque d'un déséquilibre narratif en privilégiant des épisodes qui ne le méritent pas, au détriment d'autres moins spectaculaires mais plus "signifiants", ou, et c'est le cas ici, d'une erreur inverse : "noyer" l'ensemble du récit dans une ligne continue trop "régulière", où les séquences s'enchaînent à toute vitesse sans jamais vraiment capter toute l'attention du spectateur.

On peut à ce titre se demander si le script de Hart peut suffire à captiver un public qui n'aurait jamais lu le roman de Stoker et qui possède (ou non) une vague connaissance de ses péripéties principales . Le récit lui-même possède t-il de quoi "captiver" le spectateur ? Les personnages sont-ils capables de susciter ce bon vieux sentiment d'identification, condition imparable au succès d'un film "populaire" ? On peut en douter...

La figure cyclique du mal était déjà au coeur de la problématique exposée dans la trilogie "Godfather". Les parrains s'y succédaient les uns aux autres, sans que cela puisse du moins en apparence s'arrêter un jour, au rythme lancinant de la Godfather Waltz de Nino Rota (la valse étant une danse à motif "circulaire"). Avec une terrible lucidité, Kay (Diane Keaton), la femme de Michael Corleone (Al Pacino) se rendait compte du caractère inéluctable de cet "éternel retour", de ce cycle infini de violence et de mort. C'est ce qui la conduisait, en subissant un avortement, à tenter de mettre un terme à cette funeste descendance. Van Helsing (Anthony Hopkins) et les tueurs de vampires poursuivent le même but : il s'agit d'empêcher que le mal, ce fléau, cette épidémie, ne se répande et se perpétue au delà des siècles. C'est peut-être aussi une des nombreuses raisons qui poussent le Capitaine Willard à supprimer le Colonel Kurtz dans "Apocalypse Now". C'est aussi tuer l'Autre pour ne pas devenir son semblable, voire pour ne pas ressentir l'envie de le devenir... C'est échapper au pouvoir du vampire, comme Dixie (Richard Gere) qui tente d'arracher Vera (Diane Lane) des "griffes", de l'influence maléfique du gangster Dutch Schultz dans "Cotton Club" (les truands des films de Coppola ont, j'y reviendrai, plus d'une caractéristique démoniaque ou vampirique, le goût du sang n'en est pas la moindre.).

dracula22Sur un plan plus "spatial", plus "social", "Bram Stoker's Dracula" ne fait que poursuivre une autre problématique développée dans la plupart des autres films de Coppola. Le cercle représente la figure fondamentale de l'organisation communautaire : une famille est un premier cercle qui s'inscrit dans un un deuxième cercle plus vaste : la mafia ("The Godfather", "Cotton Club"), l'armée ("Gardens of stone") etc. de manière concentrique. Tout le cinéma de Coppola s'articule autour du cercle communautaire, des problèmes rencontrés par ceux qui veulent y entrer ou en sortir (et s'il suffit d'un sourire et d'une accolade pour être admis dans la firme "Tucker", combien d'épreuves plus violentes faut-il subir pour faire partie de la mafia, d'un gang de jeunes - "Outsiders", "Rumble Fish" - ou ici de la terrifiante "famille" des sombres créatures de la nuit !) et des conflits qui vont opposer ces groupements humains (ou non-humains !) les uns aux autres. Car comme dans les épopées guerrières d'Eisenstein, Welles ou Kurosawa (en passant par l'influence incontournable : Shakespeare !), nous sommes ici au coeur d'un cinéma de guerre des clans, d'affrontement entre communautés : qu'il s'agisse de peuples ou de nations toutes entières (la guerre du Vietnam dans "Apocalypse Now" et "Gardens of stone", le prologue - fabuleux - de "Bram Stoker's Dracula" et ses batailles entre Turcs et Roumains), de gangs, de bandes de jeunes et, dans le film qui nous intéresse, de vivants et de morts-vivants.

Être admis dans le cercle. En être exclu. Y être accepté à nouveau puis encore rejeté et ainsi de suite. C'était un des thèmes de "The Godfather", c'est encore un des thèmes de "Dracula". A cet égard, la scène où Van Helsing trace un cercle de feu autour de Mina et lui pour échapper aux démoniaques égéries du Comte est fortement signifiante. Le chasseur de vampires tente de se protéger, de sauver Mina par la même occasion. Tout comme Kay Corleone essaie de préserver ses enfants de l'influence maléfique de leur père en les éloignant de la "famille".

Mais chassez le (sur)naturel et il revient au galop ! Car, si l'on parle de "cycle", il faut se préparer un jour ou l'autre à un retour en force de ce que l'on croyait avoir fait disparaître. Le vampire étant par définition un "revenant", ce retour du "refoulé" est également et logiquement au coeur du cinéma coppolien.

dracula_1992Retours

Un jour ou l'autre, le cercle se referme sur lui-même. Les rapports entre la Transylvanie et l'Angleterre dans "BSD" rappellent ceux qui unissaient la Sicile et les USA dans "The Godfather". Le cinéaste insiste sur l'origine du mal, sur le berceau ancestral de la peste, de l'épidémie (gangstérisme ou vampirisme) qui va contaminer d'autres terres... À ce titre, le superbe prologue de "BSD" - de loin le meilleur ajout de Coppola et Jim Hart au matériau original - et toute la dernière partie du film qui sont étroitement liés et "encerclent" le corps central du récit, constituent ce que Thierry Jousse (Les cahiers du cinéma) appellait pour parler des séquences en Sicile de la saga du "Parrain" un terrifiant "retour sur les lieux du crime", motivé par une quête obsessionnelle de la "scène primitive" à l'origine du fléau.

draculaLa notion d'inéluctable, ce fatalisme de l'éternel retour dominent également l'évolution des personnages et leurs actes. Michael Corleone ne peut s'empêcher de donner la mort : lorsque l'on a l'impression qu'il va fléchir, sa décision n'est que différée (la mort de Carlo, celle de Fredo). Le Colonel Kurtz, comme le Minotaure de la nouvelle de Borges, accepte son sort d'animal "sacrifié" et meurt sous les coups de Willard sans vraiment se défendre. On ne peut échapper à sa condition de tueur que dans la mort, comme le vampire ne redevient humain qu'après avoir été - définitivment - tué. Le personnage coppolien tente tout de même de se dresser contre la fatalité avec obstination (Harry Caul veut empêcher un meurtre qui lui semble inévitable dans "The Conversation", Preston Tucker veut prouver, contre vents et marées que son projet de "voiture de demain" doit devenir une réalité, Michael Corleone cherchera à dégager sa famille des affaires criminelles etc.) Mais ces tentatives se soldent souvent par un échec ; tout comme Peggy Sue, qui n'est pas parvenue à modifier sa destinée, les "amants" de "BSD" ne réussissent pas à braver la course du temps et comme dans "One from the Heart, le rêve impossible s'achève avec le lever du jour et le retour à l'ordre naturel de la réalité s'impose à nouveau.

dracula_bram_stocker_s_dracula_1991_referenceDracula, le "revenant" est bien sûr placé sous le signe du "retour" : tant qu'il n'est pas définitivement éliminé, il "revient" sous diverses apparences, toujours plus féroce. Impossible de ne pas penser à cette scène de "The Godfather Part II" où Michael, comme surgi des ténèbres demande à Kay de lui laisser voir ses enfants. Vêtu de sombre, le teint blafard, les cheveux noirs plaqués vers l'arrière, il a tout du mort-vivant. Toute la dernière partie du film accentue l'aspect macabre de sa silhouette. Il n'est pas moins terrifiant que le Comte Dracula, surgissant à la fenêtre de la chambre de ses victimes.

Pouvoirs

Comme pour respecter les règles de la tragédie classique, les personnages coppoliens sont souvent des individus puissants, bardés de responsabilités, des chefs situés au sommet d'un empire, d'une grande famille, d'un peuple, d'un gang, d'une entreprise etc. Chacun à leur manière, Vito et Michael Corleone, le colonel Kurtz, Rusty James, le Sergent Hazard (James Caan dans "Gardens of Stone"), Preston Tucker, Dracula commandent à un groupe, à une communauté. Mais le pouvoir doit se transmettre. Et de façon plus ou moins concrète, selon les cas... Toute la trilogie de "The Godfather" s'articule autour de ces cérémonies de passation de pouvoir entre parrains, de ces responsabilités que l'on confie à tel ou tel membre de la "famille". Mais au delà du protocole et des hommages rendus, c'est avant tout le sang (sicilien dans "The Godfather") qui dans la plupart des cas donne droit au pouvoir. Et c'est dans le sang (élimination d'un rival, règlement de compte) et/ou la mort (à la manière des rois qui se succèdent) que l'on accède au sommet. Le "Motorcycle Boy" meurt et Rusty James prend sa place, illustrant au passage la thématique coppolienne de l'éternel retour. Lorsque Willard élimine Kurtz, il est plus que probable qu'il ressente la tentation de se substituer à lui, une fois sa "mission" accomplie (ce qui arrivait effectivement dans une des fins "alternatives" du film...).

Portrait_Vlad_TepesLa solitude que connaît celui qui exerce le pouvoir est une solitude nocturne, obscure. Michael Corleone, Kurtz, Howard Hughes dans "Tucker" préfigurent le Comte Dracula retranché dans son impressionnant château transylvanien. Les "plombiers" de "The Conversation", les gangsters de "Cotton Club" se réunissent et "travaillent" dans l'ombre. Comme je l'avais déjà fait remarquer par ailleurs, les acteurs James Remar ou Joe Dallessandro, accentuent par certains aspects (vétements, maquillage, coiffure) le côté démoniaque de Dutch Schulz et Lucky Luciano. Pour des gangsters, ils rappellent étrangement Bela Lugosi dans le "Dracula" de Browning ou Udo Kier dans le "Blood for Dracula" de Paul Morrissey et Andy Warhol... Il n'y a rien d'étonnant à ce que les films de gangsters et de vampires, surtout chez un même auteur, fasciné par ces figures de "donneurs de mort" aient des points communs. Toute la deuxième partie du "Scarface" de DePalma et à un degré moindre certains passages du "Casino" de Scorsese sont riches de résonances macabres, mortifères et quasi-vampiriques. Rien de surprenant disais-je, lorsque l'on sait que les cinéastes de cette génération, quand ils n'ont pas carrément fait leurs premières armes dans le genre (Coppola avec "Dementia 13" pour Corman) ou "percé" grâce à lui (DePalma), ont, comme Scorsese, à travers la vision répétée des classiques de Fisher et Corman assimilé et intégré à leur style, certaines "ficelles" du cinéma d'épouvante. Chez ces réalisateurs, amoureux de la série B et du film de genre, le fantastique, quoiqu'il arrive, n'est jamais très loin...).

Mais la solitude et le confinement "imposés" par le pouvoir restent associés à la notion d'exil, très importante chez Coppola, dans la mesure où le seul moyen qui s'offre à un Sicilien en Amérique, à un Roumain en Angleterre, à un mort chez les vivants, pour compenser et surmonter sa non-intégration est de fonder sa propre communauté, sa propre famille au risque de se retrouver, au terme d'une ascension sanglante, tout seul au sommet.

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Mais plus que tout cela, et malgré toutes les réserves que l'on pourrait avancer à la vision de ce grand spectacle baroque, par moments assez maladroit mais aussi souvent réellement foisonnant, impressionnant de beauté et de richesse esthétique (quelle somptueuse photo, digne d'un Technicolor de l'âge d'or hollywoodien ! Sirk et Minelli une fois de plus chez Coppola ne sont pas loins. Le fourmillement de détails visuels, le faste des couleurs nous rappellent également que Coppola admire le "Lola Montes" d'Ophüls et n'oublions pas un prologue eiseinsteino-shakespearien barbare et tragique qui constitue une des plus belles choses que le cinéma américain nous ait donné ces dix dernières années), ce qui fait que ce "Bram Stoker's Dracula" est bel et bien "un film de Coppola" (mais comment pourrait-il en être autrement ?).

Ne nous leurrons pas : on ne peut pas, sauf en faisant preuve d'une outrancière mauvaise foi, prétendre que l'auteur de la trilogie du "Parrain", d'"Apocalypse Now", de "The conversation", de "Rumble fish" pourrait se contenter de livrer clé en main au public un blockbuster impersonnel et sans âme ! C'est le sentiment, d'abord diffus, puis de plus en précis au cours du film que son personnage central est moins le seigneur des vampires que l'objet de sa quête désespérée, cette femme : Mina (reflet intemporel de la bien-aimée morte prématurément pour une romance aux résonances nécrophiles - "Vertigo", "Obsession", "Body Double" - qui confirme sa prégnance dans l'imaginaire des cinéastes de cette génération) qui atteint au fil du scénario un objectif de libération, d'émancipation de plus en plus net, qui tente de se libérer d'un carcan social et culturel trop étroit, de sa condition de jeune fiancée idéale promise à un avenir tracé de A à Z par sa communauté (un schéma classique repris avec succès, c'est le moins qu'on puisse dire, par Cameron dans "Titanic").

withcoppolaC'est également à travers cet aspect de conflit entre être social et être physique que Coppola peut se targuer de rester fidèle aux intentions initiales de Bram Stoker. Son roman peut être perçu aujourd'hui comme une oeuvre quasi-subversive. Tenant tête aux loups, qu'ils soient animaux, humains ou "entre les deux", réels ou fantasmés, Mina Harker rejoint dans l'oeuvre de Coppola ces beaux portraits de femmes que sont la Natalie de "The rain People", Kay Corleone, Peggy Sue et bien sûr Frannie dans "One from the Heart", qui en tentant elle aussi de revendiquer une féminité charnelle et conquérante n'aura peut-être conquis que le songe (ou le souvenir ?) d'une vie meilleure, mais aura sans doute eu lors de moments aussi fugitifs que fulgurants la révélation d'une autre vision de soi et du monde.

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27 novembre 2007

Dil se "de tout coeur" de Mani Ratnam

Dil Se est un film de Bollywood réalisé par Mani Ratnam. Le titre du film peut se traduire par De tout cœur.

dilseSynopsis

A l'occasion du 50ème anniversaire de l'Inde, Amar (Shahrukh Khan), un des meilleurs journalistes de la radio "All India Radio", fait la connaissance d’une femme mystérieuse qui dit s'appeler Meghna (Manisha Koirala). Mais est-ce son vrai nom ? Le temps d'un voyage dans le désert, en compagnie d'exilés, ils se perdent de vue. Amar décide de rentrer à New-Delhi ou il s'apprête à épouser Zenta. Quand soudain Meghna resurgit. Amar sent que Meghna porte un lourd secret qui l'empêche de l'aimer comme il l'aime. En effet, Meghna a une mission à accomplir. Elle fait partie d’un groupe de terroristes et prépare un attentat à Delhi. On la découvre habitée par sa mission, peut-être attirée par une autre vie, par l'envie d'être une jeune femme amoureuse, mais a-t-elle le choix...Amar découvre enfin le secret et cherche à empêcher le pire. La course contre la montre commence !

Fiche technique
  • Titre original : Dil Se

  • Titre Tamoul : Uyire

  • Langue originale : Hindi

  • Réalisation : Mani Ratnam

  • Pays : Inde

  • Sortie le : 21 août 1998

  • Direction artistique : Samir Chanda

  • Musique : A.R. Rahman

  • Action : Allan Amin

  • Dialogue : Tigmanshu Dhulia

  • Chorégraphie : Farah Khan, Pappu Khanna

  • Producteur : Mani Ratnam, Ram Gopal Varma

  • Photographie : Santosh Sivan

  • Durée : 163 min

Distribution

  • Shah Rukh Khan : Amarkanth Varma

  • Manisha Koirala : Meghna

  • Preity Zinta : Preeti Nair

  • Raghuvir Yadav : Shukla

  • Zohra Sehgal : grand-mère d'Amarkanth

Musique

Le film comporte 4 chansons originales chorégraphiées :

  • Chaiya Chaiya - Sukhvinder Singh, Sapna Awasthi

  • Jiya Jale - Lata Mangeshkar, M.G. Sreekumar

  • Dil Se - AR Rahman

  • E Ajnabi - Udit Narayan, Mahalaxmi Iyer

Récompenses

Dil Se fut primé 6 fois lors des Filmfare Awards de l'année 1999 :

  • Meilleur espoir féminin attribué à Preity Zinta

  • Meilleur photographie attribué à Santosh Sivan

  • Meilleure chorégraphie attribué à Farah Khan pour la scène Chhaiyaa Chhaiyaa

  • Meilleur direction musicale attribué à A.R. Rahman

  • Meilleures paroles de chansons attribué à Sampooran Singh Gulzar pour la chanson Chhaiyaa Chhaiyaa

  • Meilleur chanteur de playback attribué à Sukhwinder Singh pour la chanson Chhaiyaa Chhaiyaa

DilSe04bestAutour du film

  • Dil Se a été tourné dans la région du Kashmir en 55 jours. Le film est réputé pour la beauté visuelle de ses scènes tournées dans les décors naturels de montagnes du Kashmir.

  • Dil Se n'a pas été un grand succès commercial en Inde. Il est davantage connu par la musique novatrice du film ou A.R. Rahman introduit pour la première fois des sons électroniques dans sa musique.

  • FromtheHeart01Sur la scène chorégraphiée Chhaiyaa Chhaiyaa, Shahrukh Khan et la troupe de danseurs ne portaient pas de harnais de sécurité alors qu'ils dansent sur le toit d'un train en mouvement.

  • C'est après avoir vu Dil Se que Baz Luhrmann décida de tourner sa comédie musicale Moulin Rouge!.

  • C'est également après avoir vu Dil Se qu'Andrew Lloyd Webber se décida à monter la comédie musicale Bombay Dreams. Il fit d'ailleurs appel à A.R. Rahman pour écrire la partition musicale. On retrouve ainsi la chanson Chhaiyaa Chhaiyaa à l'ouverture du second acte de Bombay Dreams.

  • 02dilse_chaiyya

Extraits vidéos
la musique du film

Dil se

Lien vers article sur la chanson phare du film
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=373933&pid=6790478

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23 novembre 2007

Asoka de Santosh Sivan

L'histoire..

bm_asokaLe film raconte l'ascension romancée d'Asoka (Shahrukh Khan) qui deviendra le plus grand empereur de l'Inde antique, de son amour pour Kaurwaki (Kareena Kapoor), une princesse du Kalinga (aujourd'hui l'Orissa), de la conquête de ce territoire et de sa conversion au bouddhisme devant l'horreur du champ de bataille.

Asoka (Shahrukh Khan) est un jeune prince guerrier. Son demi-frère, héritier du trône, cherche à le supprimer car il craint de voir Asoka régner à sa place. Asoka doit s'éloigner et abandonner son identité. Sous le nom de Pawan, il rencontre ainsi la princesse Kaurwaki (Kareena Kapoor) et son petit frère, héritiers du trône de Kalinga et contraints à la fuite. Asoka-Pawan et Kaurwaki se marient, mais Asoka doit partir et croit la jeune femme morte. Inconsolable, blessé, il est recueilli par une communauté bouddhiste qui le soigne mais ne parvient pas à soulager sa peine, malgré son mariage (de raison) avec Devi, une jeune fille bouddhiste. Revenu dans son royaume, il se consacre à la guerre. Quand sa mère est assassinée il bascule dans une rage cruelle, meurtrière. Devenu empereur, il agrandit son empire dans le sang. Jusqu'au jour où...

Sans_titreEn 260 avant JC, le prince Asoka (Shah Rukh Khan) est obligé de « s’exiler » sur les conseils de sa mère, Dharma, pour échapper à l’ambition de son demi-frère, Susima (Ajith Kumar), qui rêve du trône de Maghada. Dans sa découverte du monde, le jeune homme, qui a emprunté le nom de son cheval, Pawan, rencontre Kaurwaki (Kareena Kapoor) et son jeune frère Arya. Ces derniers, sous la protection du très austère Bheema (Rahul Dev), sont en fait les héritiers en fuite du royaume de Kalinga.

Sans dévoiler leur identité, Asoka/Pawan et Kaurwaki se marient. Mais Asoka doit partir. Ildoit retourner au palais pour voir sa mère. À son retour, il apprend la mort de sa femme ainsi que du frère de celle-ci et, fou de douleur, il rentre chez lui revendiquer le trône. Inconsolable, blessé, il est recueilli par une communauté bouddhiste qui le soigne mais ne parvient pas à soulager sa peine, malgré son mariage (de raison) avec Devi, une jeune fille bouddhiste.

asokaAsoka se transforme alors en être cruel, inhumain, toujours entre deux guerres. Conscient de ses devoirs envers son royaume, il épouse sans grande conviction Devi (Hrishitaa Bhatt), une disciple de Bouddha. Dans son désir d’expansion, Asoka décide d’attaquer Kalinga. Kalinga que Kaurwaki, toujours vivante et qui a cherché en vain Pawan, a décidé de défendre coûte que coûte.

ASOKA est un film remarquable à plus d'un titre. Ce film historique inspiré d'un personnage légendaire indien, est à la fois un vrai film de guerre avec des scènes de combat épiques, spectaculaires, et un film qui considère la violence avec le regard des bouddhistes, sans complaisance mais plein de compassion. C'est à la fois un film traditionnel, et très actuel par sa mise en scène, ses costumes, sa musique, sa lumière.

home_im_3Kareena Kapoor a beaucoup de charme, mention spéciale à ses yeux verts et à son maquillage, original et très seyant. Shahruck Khan est étonnant, il semble habité par son personnage, farouche, sombre, imposant, superbe, tour à tour effrayant et poignant. On découvre avec Asoka une autre facette de ce grand acteur. Les personnages "secondaires" sont attachants, notamment Devi (Hrishitaa Bhatt) la jeune épouse bouddhiste, Bheema (Rahul Dev) le protecteur de Kaurwaki, et Virat (Danny Denzongpa) l'ami d'Asoka.

asoka4Côté décors, l'Inde traditionnelle, ses forts, ses sculptures, ses escaliers qui descendent dans le lac, sont agréablement présents.

Côté musical, quelques danses, mais surtout une musique originale de Anu Malik et qui accompagne très bien le film.

Fiche technique

  • Réalisation : Santosh Sivan

  • Scénario : Saket Chaudhary, Santosh Sivan

  • Musique originale : Sandeep Chowta, Anu Malik (chansons)

  • Image : Santosh Sivan

  • Montage : A. Sreekar Prasad

  • Direction artistique : Sabu Cyril

  • Durée : 155 mn (version internationale) / 180 mn (version intégrale) / 176 mn (distribution au Royaume-Uni) / 169 mn (director's cut pour la distribution américaine)

Distribution

  • Shahrukh Khan : Asoka (crédité Shah Rukh Khan)

  • Kareena Kapoor : Kaurwaki (crédité Kariena Kapoor)

  • Danny Denzongpa : Virat

  • Ajit Kumar : Susima

  • Hrishitaa Bhatt : Devi

  • Rahul Dev : Bheema

  • Suraj Balaje : Arya

  • Umesh Mehra : Chandragupta Maurya

  • Subhashini Ali : Dharma

  • Gerson Da Cunha : Bindusâra

asoka_420Pour tous ceux qui apprécient les films stylés où l’accent est mis sur le visuel, Asoka est une aubaine. Par l’usage particulier des angles de prise de vue lors des scènes d’action ou des séquences chantées, qui obéissent à une chorégraphie parfaite, le réalisateur du très apprécié Terrorist, Santosh Sivan, a réussi un véritable régal visuel. Soit on aime, soit on déteste ce qu’il fait dans ce film. En tout cas, on ne reste pas indifférent devant la relation entre le directeur photo-réalisateur et sa caméra. Les décors magnifiques et le travail des costumiers passent difficilement inaperçus et ne font, au contraire, qu’accentuer tout le plaisir. Tout comme les scènes de combat épiques et synchronisées, notamment la surréaliste vision de la bataille de Kalinga. On a l’impression que le spectateur a été mis en condition durant tout le film afin de mieux savourer cette scène avec ses milliers de figurants. Toute cette beauté technique éclipse quelque peu le jeu des acteurs qui pourtant font honneur à Asoka.

asoka01Voilà un rôle sur mesure pour le « king » Shah Rukh Khan que celui de l’empereur Asoka. Du jeune prince arrogant à l’empereur cruel, on se laisse tromper par la présence indéniable de l’acteur. Tout comme par celle de la belle Kaurwaki qu’incarne une Kareena Kapoor qui faisait ses grands débuts à Bollywood un an plus tôt seulement dans Refugee. Peu d’actrices auraient été capables de réaliser une pareille performance. De plus, elle est vraiment sexy dans ses costumes. Suraj Balaji, le petit héritier de Kalinga, est tout simplement superbe, naturel et émouvant, comme dans cette scène où, croyant voir Pawan, il s’élance vers lui, le suppliant de le protéger de la cruauté de l’empereur de Maghada, le grand Asoka. On écrase vraiment une larme. Danny Denzongpa, dans le rôle de Veerat, l’ami fidèle du roi rencontré lorsqu’il était Pawan, est vraiment drôle. Voilà qui le change un peu de ses habituels personnages de méchant.

La musique d’Anu Malik est tout simplement sublime, adaptée à l’esprit, à l’époque du film. On ne se lasse pas d’écouter Roshni se,San sanana ou Aa taiyyar ho ja sur des clips quelque peu sexy. Un vrai régal auditif !

m8tiycasCependant, Sivan semble accorder plus d’attention à ses prises de vues qu’au scénario qui traîne un peu (2 h 50). Au point où la magie prend difficilement entre Pawan et Kaurwaki dans la première partie. La romance n’est pas assez intense pour déchirer le cœur quand ils sont séparés. De même, le film témoigne d’une période trop lointaine de l’histoire de l’Inde (IIIe siècle avant J.-C.) pour vraiment intéresser la jeune génération d’aujourd’hui, au contraire du plus contemporain Lagaan. On a donc presque l’impression que le film s’adresse à une minorité plutôt qu’à la masse. Mais Asoka reste un spectacle magnifique, dans la lignée de Braveheart ou encore du 13e guerrier.

Le côté technique, la musique et, dans une moindre mesure, Kareena Kapoor sont les atouts de ce film qui n’a rien à envier aux productions hollywoodiennes. Asoka, c’est ce qui s’est fait de mieux à Bollywood, techniquement s’entend, avec Lagaan, en 2001, et on en redemande encore et encore. On passe en tout cas quelques heures agréables, car Asoka est simplement un vrai régal pour les sens !

quelques extraits vidéos

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19 novembre 2007

In the mood for love de Wong Kar Wai

posterHong Kong,1962. Journaliste, Chau emménage avec sa femme dans un nouveau logement, en plein cœur d'un immeuble habité par la communauté shangaiaise. Il y rencontre Li-Chun, ravissante jeune femme qui vient elle aussi d'emménager avec son époux. Celui-ci, représentant d'une société japonaise, est régulièrement absent. Lui-même souvent seul, Chau passe de plus en plus de temps avec Li-Chun, jusqu'au jour ou les deux amis découvrent que leurs époux respectifs sont amants... Dès lors Li Chun et Chau essaient de comprendre comment cette histoire d'A (comme adultère) a pu commencer. A ce petit jeu, ils tomberont eux aussi amoureux l'un de l'autre.

Interprètes :

  • Tony Leung
  • Maggie Cheung
  • Rebecca Pan
  • Lai Chen
  • Siu Ping-Lam

fiche technique

  • Titre original : Fa yeung nin wa (花樣年華)
  • Réalisation : Wong Kar-Wai
  • Scénario : Wong Kar-wai
  • Production : Wong Kar-wai pour Block 2 Pictures (HK) ; Paradis Films (Paris)
  • Musique : Mike Galasso et Shigeru Umebayashi ; chansons de Nat King Cole
  • Photographie : Christopher Doyle et Mark Lee Ping-Bin
  • Ce que j'aime dans ce film

    • la rencontre entre 2 âmes trompées
    • la musique
    • l'atmosphère
    • les robes de Maggie Cheung
    • les ruelles et la pluie
    • les nouilles ;)

    Commentaires

    inthemoodforlove01Le film aurait du avoir pour cadre Pékin mais les autorités chinoises en décidèrent autrement. Pour recréer l'atmosphère du Hong Kong des années 60, le film fut tourné dans la ville d'Angkor au Cambodge.

    "Au départ l'action d'In The Mood for Love devait se passer autour de la place Tian Anmen. Maggie Cheung et Tony Leung devaient interpréter des amants vivant à Hong Kong mais travaillant à Pékin qui se donnent rendez-vous sur la place Tian Anmen. J'ai eu beau expliquer aux censeurs que je ne voyais pas en quoi le sujet était offensant, ils ne voulaient pas en entendre parler. Alors je me suis dit si nous ne pouvons pas le tourner ici, tournons-le ailleurs, ce n'est qu'une histoire d'amour et de nourriture"

    Le tournage d'In the Mood for Love a duré 15 mois et fut éprouvant, notamment à cause de tensions entre le metteur en scène et ses acteurs. Fait rarissime, le film n'était pas terminé lorsque sa sélection à Cannes fut annoncée.
    Il y fut projeté pour la première fois, dans une version non mixée (le montage définitif fut terminé l'avant-veille), ce qui ne l'empêcha pas de recevoir un excellent accueil critique et de remporter le prix de la meilleure interprétation masculine pour Tony Leung ainsi qu'un prix spécial attribué à Christopher Doyle, Mark Li et William Chang pour leur contribution artistique.

    inthemoodforlove03Dans ce film, Wong Kar-wai aborde de nouveau ses thèmes de prédilection : l'histoire d'amour avortée, la solitude, la difficulté d'exprimer ses sentiments, le temps qui passe et les souvenirs qui restent. Le scénario peut sembler, sur le papier, très simple. Il ne faut pas s'y fier, il est au contraire trés riche et complexe.

    L'histoire qu'il nous raconte est en apparence banale : la rencontre entre une jolie femme (Maggie Cheung) et un bel homme (Tony Leung) dans un petit hôtel d'Hong Kong.

    A partir de cet argument volontairement anecdotique, il cherche des réponses à des questions simples sur l'amour, la blessure liée à l'infidélité, les origines d'une rencontre, et le regret. Il décortique les stratégies de séduction entre ses deux personnages en ne s'attachant qu'à l'essentiel, toutes ces petites choses anodines qui sont le ferment de la passion érotique: regards subrepticement échangés, dialogues à double ou triple sens autour d'un plat fumant, frôlements équivoques.

    Par ailleurs Wong Kar-wai établit un portrait du Hong Kong des années 60, de ce voisinage très indiscret, de ces rues vides et nocturnes, pluvieuses et sordides. Avec des décors superbes, que ce soient les bureaux, les appartements ou les restaurants, le réalisateur nous installe dans un univers qui lui est propre, presque claustrophobique, à base de couleurs pastelles et flashy, retransposition acidulée de l'époque.

    inthemoodforlove02La mise en scène, subtile et sensuelle, est plus classique et épurée dans sa forme que dans ces précédents films. Oubliés, la caméra acrobatique et le montage au scalpel. In the Mood for Love ressemble à un ballet, les corps s'aimantent et se séparent. Les cadrages serrés contribuent à la sensation d'un espace confiné, la caméra n'hésite pas à filmer au ralenti lorsque des moments apparemment sans grande importance le sont pourtant aux yeux des 2 amants platoniques. Il choisit de ne jamais nous montrer le visage des époux infidèles, qui sont ainsi à la fois absents du film mais aussi quasi divinisés car omniprésents et douloureusement adorés.

    L'interprétation quasi féline du couple Tony Leung/ Maggie Cheung est exceptionnelle. Le prix d'interprétation de Tony Leung est on ne peut plus mérité et consacre une carrière exceptionnelle. Maggie Cheung (qui change de robes tous les 2 plans) est plus belle et émouvante que jamais. Elle aurait mérité elle aussi un prix d'interprétation (mais une tornade islandaise est passée par là).

    vidéos

    trailer

    mouvements des acteurs

    début du film

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    15 novembre 2007

    Blade runner de Ridley Scott

    Blade Runner est un film américain de science-fiction de Ridley Scott sorti en

    1982. L

    'histoire est très fortement inspirée du roman Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Do Androids Dream of Electric Sheep ?) écrit par Philip K. Dick en 1966.

    Synopsis

    Le film nous fait suivre l'histoire de Rick Deckard, un Blade Runner qui a pour mission de trouver et retirer quatre réplicants évadés d'une colonie de l'espace (le cinquième ayant « grillé » dans un champ d'énergie en se rendant à

    la Tyrell Corporation

    ).

    L'histoire commence à Chinatown, un des quartiers de Los Angeles, où Deckard est conduit en spinner par Gaff au quartier général de la police du secteur. Là, il apprend que Holden, le meilleur Blade Runner de l'équipe, s'est fait « descendre » (en faisant passer le test de Voight-Kampff au répliquant Léon de type « Nexus-6 »), le modèle le plus évolué des réplicants (excepté Rachel, un modèle unique et plutôt réussi...). Il découvre alors que sa traque consiste à retirer les quatre androïdes restants de ce modèle, notamment leur chef, le redoutable Roy Batty...

    A

    la Tyrell Corporation

    , Deckard rencontre Rachel, une répliquante qui se croit humaine et dont il tombe peu à peu amoureux. Par la suite, Rachel prendra conscience de sa nature de réplicante. Deckard sera dès lors chargé de l'éliminer, mais ne pourra s'y résoudre.

    Les androïdes sont mus uniquement par leur recherche de la vérité et essaient de trouver les explications sur eux-mêmes dans une profonde quête initiatique. Ils cherchent un moyen de vivre plus longtemps et gravissent un à un les échelons vers la connaissance, mais leur destin (la mort) les rattrape... En effet, au fil des années, ils semblent développer des sentiments et prennent conscience leur propre finitude "programmée"...

    Quant à Deckard, il en apprend progressivement plus sur lui même au contact de ces humanoïdes dont l'« humanité » est parfois plus forte que celle des Blade Runners.

    Fiche technique

    • Titre français et original : Blade Runner

    • Réalisation : Ridley Scott

    • Scénario : David Webb Peoples, Hampton Fancher, Roland Kibbee d'après le roman de Philip K. Dick

    • Production : Michael Deeley

    • Musique : Vangelis mélangeant musique classique et synthétiseurs.

    • Maquillage : John Chambers

    • Design : Syd Mead

    • Pays : États-Unis

    • Budget : 28 000 000 $US

    • Genre : science-fiction

    • Durée : 117 minutes

    Distribution

    • Harrison Ford : Rick Deckard

    • Rutger Hauer : Roy Batty

    • Sean Young : Rachel

    • Edward James Olmos : Gaff

    • M. Emmet Walsh : Bryant

    • Daryl Hannah : Pris

    • William Sanderson : J.-F. Sebastian

    • Brion James : Leon

    • Joseph Turkel : Eldon Tyrell

    • Joanna Cassidy : Zhora

    • James Hong : Hannibal Chew

    • Morgan Paull : Holden

    • Kevin Thompson : Bear

    • John E. Allen : Kaiser

    • Hy Pyke : Taffey Lewis

    début du film

    Scène d'amour entre Harrison Ford et Sean Young

    scène de fin quand le chef des réplicants rebelles (joué par Rutger Hauer) meurt face à Harrison Ford

    "I´ve seen things you people wouldn't believe, Attack ships on fire off the shoulder of Orion I watched C-Beams glitter in the dark near ... all » the Tannhäuser Gate All those... moments... will be lost in time Like tears in the rain... Time to die "

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    14 novembre 2007

    Aujourd'hui Gladiator de Ridley Scott

    coubMaximus Decimus Meridius est un grand général Romain ayant conduit les Armées de l'Empereur Marc Aurèle à de nombreuses victoires. Ce dernier, sentant ses forces décliner, apprend en privé à Maximus qu'il souhaite lui laisser le pouvoir à sa mort pour que ce dernier le transmette au Sénat et que Rome devienne à nouveau une République. Il le préfère à son fils Commode car Marc Aurèle sait que ce dernier n'a soif que du titre d'empereur et n'exécutera pas ses dernières volontés. Lorsque Commode l'apprend, et ceci avant l'annonce officielle, il tue son père pour que cette dernière n'ait jamais lieu, et devient ainsi le nouvel Empereur. Bien que la cause officielle du décès de l'Empereur soit la vieillesse, Maximus comprend immédiatement qu'il a été assassiné par Commode. C'est pourquoi, lorsque celui-ci lui offre de le servir comme il a servi son père, Maximus refuse. Commode ordonne alors son exécution, ainsi que celle de sa famille. Cependant, Maximus réussit à déjouer l'exécution et fuit. Ayant vu sa femme et son fils morts, sauvagement assassinés par des envoyés de Commode, il s'effondre et perd conscience. Il est récupéré par des vendeurs d'esclaves et remis sur pied, puis vendu comme gladiateur. C'est ainsi qu'il regagnera progressivement du pouvoir, dans l'espoir de retourner à Rome et se venger du jeune Empereur.

    Fiche technique

    • Titre : Gladiator

    • Réalisation : Ridley Scott

    • Scénario : David Franzoni, John Logan et William Nicholson

    • Production : David Franzoni, Branko Lustig, Douglas Wick, Laurie MacDonald et Walter F. Parkes

    • Sociétés de production : DreamWorks SKG / Universal Pictures

    • Budget : 103 millions de dollars

    • Musique : Hans Zimmer, voix Lisa Gerrard de Dead Can Dance, (additionnel : Klaus Badelt, Jeff Rona, Heitor Pereira, James Michael Dooley, Justin Caine Burnett et Gavin Greenaway)

    • Photographie : John Mathieson

    • Montage : Pietro Scalia

    • Décors : Arthur Max

    • Dressage : Thierry Le Portier (lions, tigres et hyène)

    • Pays d'origine : États-Unis

    • lieux du tournage : Maroc, Malte, Italie, Grande-Bretagne.

    • Durée : 155 minutes / 171 minutes (version longue)

    Distribution

    • Russell Crowe : Maximus

    • Joaquin Phoenix : Commode

    • Connie Nielsen : Lucilla

    • Oliver Reed : Proximo

    • Richard Harris : Marc Aurèle

    • Derek Jacobi : Gracchus

    • Djimon Hounsou : Juba

    • David Schofield : Falco

    • John Shrapnel : Gaius

    • Tomas Arana : Quintus

    • Ralf Moeller : Hagen

    • Spencer Treat Clark : Lucius

    • David Hemmings : Cassius

    • Tommy Flanagan : Cicero

    • Sven-Ole Thorsen : Tiger

    Récompenses

    • Oscars 2000, décernés en 2001 :

      • Oscar du meilleur film

      • Oscar du meilleur acteur : Russell Crowe

      • Oscar de la meilleure création de costumes

      • Oscar des meilleurs effets visuels

      • Oscar du meilleur son

    • Golden Globes 2000, décernés en 2001, du meilleur film (catégorie drame) et de la meilleure musique originale

    • British Academy of Film and Television Arts Film Award 2001 du Meilleur film

    Trailer

    la musique du film "Now we are free"

    Secrets de tournage

    Le tournage de Gladiator

    gladiator_006Il s'est déroulé dans quatre pays et sur trois saisons. Pour Branko Lustig (producteur) : « C'est un peu comme si nous avions tourné quatre films puisqu'il a fallu coordonner les efforts de quatre équipes : la première, qui se déplaçait d'extérieur en extérieur, et les trois autres, qui opéraient respectivement à Londres, Malte et au Maroc. »
    « Notre objectif commun se résuma à un mot : « authenticité » souligne Ridley Scott. « Nous n'avions aucunement l'intention de tourner un documentaire archéologique, mais nous tenions à restituer fidèlement l'esprit du temps. J'ai disposé pour cela d'une excellente équipe qui s'est documentée et rendue sur place. Ils ont accompli un travail extraordinaire : on respire l'ambiance de la ville, de l'arène, on se sent transporté à l'époque romaine. »

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    13 novembre 2007

    La leçon de piano de Jane Campion

    La Leçon

    de piano (The Piano) est un film néo-zélandais réalisé par Jane Campion, sorti en 1993.

    Le film a remporté

    la Palme

    d'or du Festival de Cannes 1993, ce qui représenta la première récompense dans l'histoire du festival pour un film d'une réalisatrice, Jane Campion.

    Synopsis

    La Leçon

    de piano raconte l'histoire au XIXe siècle d'une jeune femme écossaise, Ada MacGrath (Holly Hunter), qui est envoyée en Nouvelle-Zélande par son père avec Flora, sa fille de neuf ans (Anna Paquin) pour épouser un colon, Alistair Stewart (Sam Neill) qu'elle ne connait que par courrier. Selon ce que sa fille Flora aime à raconter, Ada n'a pas dit un mot depuis que son premier mari est mort foudroyé alors qu'ils chantaient tous deux dans la forêt (Ada était chanteuse d'opéra et son mari était son professeur de piano). Mais c'est en fait pour une raison inconnue qu'elle n'a plus dit un mot depuis l'âge de six ans et qu'elle a donc recours au langage des signes pour s'exprimer (sa fille servant d'interprète) et à son piano. Le piano et la musique de ce film représentent Ada, ses émotions, ce qu'elle exprime.

    Cependant, son nouveau mari, ne comprenant pas l'intérêt vital du piano pour sa nouvelle femme , l'abandonne sur la plage où cette dernière, sa fille et leurs bagages ont été débarqués sans cérémonie du bateau qui les a transportés depuis l'Écosse. Stewart échange l'instrument contre des terres à leur voisin George Baines (Harvey Keitel). Ada veut récupérer son piano seul moyen par lequel elle arrive à exprimer ce qui vibre en elle.

    Baines, quoique illettré et vivant comme un rustre avec les Maoris, n'est pas dénué de sensibilité. Il est attiré par le silence d'Ada tout autant que par sa capacité à s'exprimer à travers la musique avec son piano. Pour tenter de créer une relation avec Ada il lui propose de reprendre son piano touche par touche contre quoi Ada devra répondre à ses exigences. De plus en plus attiré par elle, Baines exige des attouchements de plus en plus indécents pour la jeune femme. Mais progressivement Ada s'ouvrira à la sensualité qui s'en dégage. En parallèle, malgré ses efforts pour s'attacher à son mari, figé dans ses principes et sa dureté, c'est finalement vers Baines qu'elle retournera. Grâce à celui-ci elle trouvera enfin le bonheur et le désir de sortir de son existence jusqu' alors cloîtrée dans le silence et rachetée par l'amour qu'il lui apporte.

    Analyse du film par le magazine Hors champ

    Le romantisme revu et corrigé.
    Bien que le récit de The Piano de Jane Campion se déroule au siècle dernier, la facture et le discours du film n’ont pratiquement rien de classiques. En fait, la cinéaste transfigure le néo-romantisme de son sujet (l’éveil des sens et l’émancipation subséquente d’une veuve mal mariée) par les aspects résolument modernes de sa réalisation: l’utilisation de la voix-off qui souligne, de façon ironique, le mutisme de l’héroïne, la musique de Michael Nyman qui remplace les mots que ne veut pas dire Ada, le montage éclaté qui fait parfois s’insérer, de façon abrupte, des images surprenantes capturant l’aliénation des personnages, et l’originalité constante des cadrages.

    Par exemple, dans la scène où le mari d’Ada empoigne la jeune femme pour l’empêcher d’aller retrouver son amant, Campion cadre l’action de telle sorte à donner l’impression que l’héroïne flotte à l’horizontale, sa robe retenue par les buissons qui l’entourent. Une image qui préfigure le moment où Ada tombe à la mer, entraînée par son piano auquel son pied est attaché. L’héroïne flotte alors gracilement au milieu des algues pendant qu’elle choisit entre la mort et la vie. Une structure réflexive qui donne lieu, ailleurs dans le film, à une mise en abyme qui lie la représentation théatrale de Barbe Bleue à la violence dont sera victime Ada aux mains de son mari.

    La contemporanéité de son discours, l’auteure le laisse aussi transparaître à l’intérieur même du récit. Qui d’autre qu’une artiste de la fin de notre siècle, une féministe joyeusement subversive, pourrait imaginer une résolution heureuse à une sombre histoire de passion ? C’est aller à l’encontre du romantisme imaginé par les grands esprits masculins du siècle dernier. The Piano n’en est pas pour autant une oeuvre facile et édulcorée. Son héroïne y paie cher le bonheur qu’on lui accorde en fin de parcours. Ses aspirations anachroniques se butent au passéisme de la société néo-zélandaise du XIXième siècle, du moins celle que représentent les colons britanniques. En comparaison, la société autochtone apparaît beaucoup plus saine et résolument en avant de son temps elle aussi. Les Maoris expriment ouvertement leur sexualité (y compris leur homosexualité) et vivent en harmonie avec la nature de l’île; nature qui se rit d’ailleurs des efforts insensés des colons pour la mater. Une belle métaphore pour l’héroïne, qui nous apparaît aussi mystérieuse et indomptable que la sauvage verdure de

    la Nouvelle-Zélande.

    Et justement, le mari d’Ada ne pourra ni dominer son épouse, ni sa terre. Campion fait même de lui un impuissant. C’est l’employé de Stewart, George Baines, qui saura répondre aux attentes d’Ada, et reconnaître en elle une égale. En adoptant le style de vie des Maoris, cet Européem s’est défait de sa carapace d’homme insensible. Des deux hommes, il est le seul à écouter, savourer et être bouleversé par la musique d’Ada.
    Dans ce triangle amoureux, on devine parfois le fantôme du célèbre Amant de Lady Chaterley qui faisant lui aussi l’apologie de l’irrépressible énergie des pulsions sexuelles, montrait la lutte des classes et opposait un mari impotent à une épouse en quête de dépassement. Mais à l’encontre de l’érotisme forcément masculin de D.H. Lawrence, Campion propose un érotisme plus (typiquement) féminin: une lente montée du désir et l’accomplissement du plaisir, non pas dans le coït, mais dans son anticipation. Comme dans le meilleur des suspenses. Une belle leçon de féminisme et de cinéma.
    Source critique festival de Cannes 1993

    Fiche technique

    • Titre : La leçon de piano

    • Titre original : The Piano

    • Réalisation : Jane Campion

    • Scénario : Jane Campion

    • Photo : Stuart Dryburgh

    • Décors : Andrew McAlpine

    • Musique : Michael Nyman

    • Montage : Veronika Jenet

    • Date de sortie en France : 19 mai 1993

    • Genre : drame

    • Durée : 120 minutes

    Distribution

    • Holly Hunter : Ada McGrath

    • Harvey Keitel : George Baines

    • Sam Neill : Alisdair Stewart

    • Anna Paquin : Flora McGrath

    • Kerry Walker : Tante Morag

    Extraits vidéos

    la chanson phare du film "the heart asks the pleasure first"

    Ada rencontre son nouveau mari pour la première fois sur la plage

    la fameuse scène où le piano tombe à l'eau et où Ada décide de partir avec lui mais où son instinct de survie lui donne la force de remonter à la surface. Prodigieux !!!!

    Posté par lotus_shantaram à 05:19 - Mes films cultes - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

    12 novembre 2007

    Camille Claudel de Bruno Nuytten

    Aujourd'hui j'avais envie de vous faire parler de ce film qui m'a beaucoup ému lorsque j’étais adolescente.

    Il m’a fait découvrir plusieurs choses :

    ·         L’histoire de Camille Claudel bien sûr,

    ·         Ses œuvres

    ·         Son amour pour Rodin

    ·         et aussi l’actrice Isabelle Adjani.

    couvFiche technique

    Réalisation : Bruno Nuytten
    Scénario : Bruno Nuytten et Marilyn Goldin Schiffman, d'après le livre de Reine-Marie Paris
    Photo : Pierre Lhomme
    Musique : Gabriel Yared
    Production : Les Films Christian Fechner, Lilith Films, Gaumont / A2 / D.D. Productions
    Sortie France : 7 décembre 1988
    Interprètes : Isabelle Adjani (Camille Claudel), Gérard Depardieu (Auguste Rodin), Madeleine Robinson (Madame Claudel), Alain Cuny (Louis Prosper Claudel), Laurent Grévil (Paul Claudel), Philippe Clévenot (Eugène Blot), Katrine Boorman (Jessie), Maxime Leroux (Claude Debussy), Roger Planchon (Morhardt), Danièle Lebrun (Rose Beuret).

    Synopsis

    18838960Camille aime sculpter. C'est même son unique préoccupation. Qu'il pleuve ou vente, elle parcourt les carrières de Paris à la recherche de terre glaise, matériau essentiel à son art. Seul son père semble la comprendre. Elle a du talent, et elle le sait. Aussi décide-t-elle de travailler dans un atelier qu'elle loue avec son amie Jessie. Les deux jeunes femmes ont un rêve : travailler avec Rodin, le plus grand sculpteur contemporain, qui débordé de commandes, a besoin d'assistants. Elle vont solliciter un entretien avec le Maître et voudraient ses conseils. Nous sommes en 1883. Camille présente un pied en marbre, admirable, tellement que Rodin le signe comme s'il était de lui-même...


    18838958Ils commencent à sculpter ensemble. Ou plutôt, elle sculpte pour lui nombre de chefs-d'oeuvre qu'il paufine à peine, avant d'apposer son nom. L'art de Camille est volé, mais elle aime, et accepte. Elle lui sert de modèle : plus qu'une égérie, elle est l'Inspiration. Une passion dévorante les transcende tous les deux. Mais Camille voudrait se consacrer à sa propre sculpture, avoir du temps, de la matière, un espace à elle. Rodin loue une maison à Meudon la Forêt, où Camille s'installe, mais où lui, partagé entre elle et la mère de son fils, Rose Beuret, n'est là que par grande intermittence.
    Camille, seule, crée des oeuvres déchirantes et sublimes, mais le milieu artistique, peu habitué aux femmes sculpteurs, la dédaigne. On l'accuse de plagier Rodin, alors que dès l'enfance son style était déjà aussi élaboré que déterminé. Peu de personnes la soutiennent, hormis son ami Debussy. Quant à sa famille, elle est en conflit permanent avec elle, y compris Paul à qui elle voue pourtant un amour sans limites. Mais de toutes façons, il voyage tant qu'elle ne le voit guère. Elle voudrait un enfant, mais fait une fausse couche la laissant dans un état de faiblesse extrême.
    18406396Son désespoir et sa solitude de plus en plus profonds l'entraînent peu à peu dans la folie. Accablée de dettes, car le bronze coûte une fortune, seule, car Rodin l'a abandonnée en 1898 alors qu'elle a 34 ans, méprisée par la critique au Salon des Indépendants, Camille se laisse progressivement couler. En décembre 1905 aura lieu sa dernière grande exposition chez Blot, puis en 1906, elle casse une grande partie de ses sculptures, comme elle commence à se détruire elle-même. En 1913, Camille a 48 ans lorsque son père meurt, et plus rien n'empêche le reste de sa famille de la faire arrêter et interner...Elle restera 30 ans à l'asile avant d'y finir sa vie.

    Récompenses

    • César du meilleur film : Camille Claudel, réalisé par Bruno Nuytten

    • César de la meilleure actrice : Isabelle Adjani, pour Camille Claudel

    • César de la meilleure photographie : Pierre Lhomme, pour Camille Claudel

    • César des meilleurs costumes : Dominique Borg, pour Camille Claudel

    • César du meilleur décor : Bernard Vezat, pour Camille Claudel

    • le film a été nommé pour deux oscars en 1989.

    • Festival de Berlin 1989 - prix d'interprétation féminine décerné à Isabelle Adjani, pour Camille Claudel.

    Quelques extraits du film

    La rencontre avec Rodin

    Camille Claudel et sa passion pour Rodin

    Camille Claudel devient la muse de Rodin

    untitledL’association Camille Claudel : http://www.camilleclaudel.asso.fr

    un très beau site avec notamment des photos de Camille Claudel: http://www.camille-claudel.org/

    2

    Posté par lotus_shantaram à 05:23 - Mes films cultes - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

    11 novembre 2007

    Amadeus de Milos Forman

    couvAMADEUS 31 octobre 1984 

    Réalisé par Milos Forman

    Scénario : Peter Schaffer d’après sa pièce
    Photo : Miroslav Ondritchek
    Décor : Patrizia von Brandenstein
    Montage : Nena Danevic 

    (Avec : Tom Hulce: Mozart F. Murray Abraham: Salieri Elisabeth Berridge: Constance Weber Simon Callow: Emmanuel Schikaneder Roy Dotrice: Leopold Mozart Jeffrey Jones: Joseph II Christine Ebersole: Catarina Cavalieri).       

    A Vienne, en novembre 1823. Au coeur de la nuit, un vieil homme égaré clame cette étonnante confession : "Pardonne, Mozart, pardonne à ton assassin !" Ce fantôme, c'est Antonio Salieri, jadis musicien réputé et compositeur officiel de la Cour. Dès l'enfance, il s'était voué tout entier au service de Dieu, s'engageant à le célébrer par sa musique, au prix d'un incessant labeur. Pour prix de ses sacrifices innombrables, il réclamait la gloire éternelle. Son talent, reconnu par l'empereur mélomane Joseph II, valut durant quelques années à Salieri les plus hautes distinctions. Mais, en 1781, un jeune homme arrive à Vienne, précédé d'une flatteuse réputation. Wolfgang Amadeus Mozart est devenu le plus grand compositeur du siècle. Réalisant la menace que représente pour lui ce surdoué arrogant dont il admire le profond génie, Salieri tente de l'évincer. 

    4Le génie de Dieu...    

    Avant de réaliser Larry Flint et Man on the moon, Milos Forman avait déjà en 1984 retracer la vie d’un véritable phénomène avec ce film consacré à Mozart. 18 ans plus tard, le film ressort dans nos salles allongé d’une vingtaine de minutes constituant ainsi la version définitive voulue par le réalisateur, le director’s cut.  Ce thriller musical, tourné dans des décors naturels à Prague, est l’adaptation de la pièce de Peter Schaffer (qui a signé lui-même l’adaptation) qui opposait Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) à Antonio Salieri (1750-1825) alors compositeur officiel de la cour de l’empereur Joseph II. Cette pièce avait été montée en France en 1982 avec Roman Polanski dans le rôle Mozart (il signait aussi la mise en scène) et François Périer dans le rôle de Salieri. 

    1Le film en fait n’est pas une véritable biographie du grand compositeur. Il s’agit d’un double portrait où Mozart est vu à travers Salieri sur une période qui s’étend sur 10 ans, de l’arrivée du jeune génie à Vienne ( la Capitale des musiciens...) jusqu’à sa mort. Si Schaffer et Forman respectent plus ou moins la vérité historique (le mariage de Mozart avec Constance Weber, la commande du Requiem par un mystérieux inconnu, l’enterrement dans la fosse commune...), ils ont pris toutefois certaines libertés pour rendre le personnage de Salieri plus important. Sur cette légende entretenue par Pouchkine et Rimski-Korsakov selon laquelle Salieri aurait empoisonné Mozart, le film n’apporte pas de réponse (pour cause, Mozart est officiellement mort d’une broncho-pneumonie). Par contre, ils font de Salieri le mystérieux inconnu alors qu’il s’agissait du comte von Walsegg (pour confirmation, je vous renvoie à la biographie de Mozart par Jean et Brigitte Massin aux éditions Fayard).  Selon Salieri, il est victime d’une trahison de Dieu. Dieu lui a donné l’espoir d’un talent mais il a donné à Mozart ce qu’il n’aura jamais: le génie. Lorsqu’il découvre des partitions originales sans la moindre correction, pour Salieri, cela ne fait plus aucun doute, Mozart retranscrit sa musique sous la dictée de Dieu. La grande réussite du film réside dans ce face-à-face entre le surdoué et le petit talentueux, entre le génie et le médiocre. Dans cette dualité qui anime Salieri, partagé entre l’admiration et la jalousie, qui l’amène à être l’ami de Mozart et à oeuvrer contre lui. Le point culminant de ce film à la mise en scène sobre et baroque alternant l’intime et le spectaculaire, est la scène finale entre les deux hommes lorsque Mozart au seuil de la mort dicte à Salieri les notes de son Requiem. Ce dernier découvre en l’écrivant la musique si nouvelle, si moderne du génie qui sera toujours incomprise du vivant de Mozart car trop en avance sur son temps. 

    2« Tous les hommes naissent égaux devant Dieu ?... » Cette phrase du prêtre venu lui rendre visite à l’asile fait plutôt sourire Salieri. Bien sûr, il était très renommé et sa musique était appréciée mais sa lucidité ne le rendait pas aveugle pour autant, il savait que la musique de Mozart traverserait les siècles et pas la sienne. Il était un médiocre, un imposteur qui est parvenu à se faire une place à la cour grâce à ces flatteries, à sa politesse pleine d’hypocrisie. De nos jours, les médiocres qui acquièrent une certaine renommée ne manquent pas (en cela, ce film est d’une cruelle actualité...) mais heureusement le temps fait le tri et ne garde que le meilleur, l’unique, l’extraordinaire. 

    La musique et le personnage de Mozart pourraient se résumer en un mot: ambivalence. Mozart a 26 ans et en paraît 18. Forman en fait une sorte de punk avant l’heure. Il le présente comme un gamin espiègle, un homme qui n’aurait pas mûri et serait resté au stade des blagues les plus salaces et vulgaires. Il incarnera l’image romantique du génie incompris sombrant dans la folie et l’alcool, gagnant que très peu d’argent avec ces oeuvres. La musique est à l’image de cet enfant-vieillard: triste et gaie, pleine de vie et déjà tourné vers la mort. Amadeus nous permet de mieux cerner la personnalité complexe de Mozart et d’entrer dans l’intimité de la création artistique. Forman a rélisé un film à l’image de son personnage, un film de presque trois heures d’une extraordinaire vivacité qui passe comme un rêve. La musique ici est utilisée, nous pas pour accompagner une scène, mais pour la souligner, la justifier. Elle ne cesse de hanter Mozart et s’arrête lorsque sa femme s’adresse à lui. C’est de la mémoire de Salieri que jaillit toute cette histoire mais c’est la musique qui vient avant les images. Milos Forman est parvenu à rendre accessible le phénomène de la création. Le spectateur, à l’instar de Salieri, reste totalement fasciné, transporté.

    G4121730364453Un dernier mot sur ce film. Comment ne pas évoquer le rire strident de Mozart. Un rire de gamin hystérique. Un rire aigu très communicatif pour le spectateur aussi surprenant que la musique de ce diable d’homme. Un rire qui conclut le film, la dernière chose peut-être que Salieri entendra avant de mourir et qu’il interprétera comme étant le rire de Dieu devant tant de médiocrités et d’hypocrisie. Un rire plein de vie en tout cas qui nous fait aimer Mozart et sa musique. Interprété par Tom Hulce qui trouvait là le rôle de sa vie et par F. Murray Abraham (pourtant trop âgé pour le rôle...), Amadeus fut un succès mondial et reçu 8 Oscars dont celui du meilleur film, acteur et réalisateur. A sa sortie, le film était déjà considéré comme un classique. Le temps lui a donné raison, Amadeus reste un film incontournable.

    Secrets de tournage

    Oscars et César

    Nommé onze fois aux Oscars en 1985, Amadeus en a remporté huit : Meilleur son, Meilleur scénario adapté, Meilleur maquillage, Meilleurs costumes, Meilleurs décors, Meilleur acteur (F. Murray Abraham), Meilleur réalisateur (Milos Forman) et Meilleur film. Amadeus a également remporté la même année le César du Meilleur film étranger.

    Succès

    Doté d'un budget de 18 millions de dollars, le film rapporta lors de sa première sortie en 1984 aux Etats-Unis plus de 51 millions de dollars. En France, le film amena dans les salles plus 4,5 millions de personnes, dont environ 1 200 000 sur la région parisienne.

    La lumière

    Le film Amadeus a entièrement été tourné sous lumière naturelle. Afin de la diffuser lorsqu'elle était trop puissante, les techniciens posaient parfois de grandes feuilles de papier calque sur les fenêtres du plateau.

    Le choix du titre

    C'est le compositeur du film, Antonio Salieri, qui est à l'origine du titre Amadeus. Signifiant en latin l'aimé de Dieu, le prénom de Mozart représentait en effet pour lui sa conviction que le musicien était le compositeur préféré de Dieu.

    Retrouvailles avec Mozart

    Le comédien Simon Callow, qui interprète dans Amadeus le personnage de Emanuel Schikaneder, avait déjà joué le rôle de Mozart au début des années 80 dans une pièce retraçant le destin de l'illustre compositeur.

    Mel Mozart Gibson ?

    Mel Gibson a passé des essais auprès de Milos Forman dans le but de jouer le rôle-titre d'Amadeus.

    Meg Tilly remplacée

    C'est la comédienne Meg Tilly qui, à l'origine, aurait du interprêter le rôle de Constance. Mais celle-ci se cassa une jambe quelques jours avant le début du tournage d'Amadeus en jouant au football avec des enfants dans les rues de Prague (où le film devait être tourné). L'accident aura finalement profité à Elisabeth Berridge, qui s'est vu attribuer le rôle.

    trailer

    à propos de la reine de la nuit

    la vidéo d'une fan (ça me fait penser à du sofia coppola)

    Posté par lotus_shantaram à 04:58 - Mes films cultes - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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